Je suis à la gare Saint-Lazare : l'hasard m'y mène
Seule et déambulant, bullant l'âme en peine
Ce hall de gare étagé est âgé de près de 170 ans,
Et ses trains, vaisseaux des rails, déraillent rarement.
Je constate la bonne heure, bonheur éphémère
Onze heure et onze, encore en cor sonne le gong
C'est le train qui arrive, dérive des rives et des mers.
J'ai un hoquet, aux quais des lignes oblongues
Coïncidence si dense, dans ce terrible traffic
Je t'ai vu mon amour, à mourir j'ai cru
Que toi aussi, aux cils tu m'avais vue.
Et tout mon être s'exposait, sexe posé,
Trajet d'un fou désir, des irrecevabilités
De tes yeux hagards, à gare Saint-Lazare.
Je perds la voix, la voie qui nous sépare !
Ne me laisse pas, l'espace de ces quais,
Pleurer ton départ des particules d'hier
De notre intime passé pas séculaire
Remontent en moi, émoi, et moi je t'aime
Toujours chéri, chère idole fuyante, même
Si tu m'as eue à l'essai, laissée tomber
C'était si bien tenté, tant tes baisers
Transports pas communs, comme un TGV,
M'ont fait rêver, m'ont fait rêver.



































