mardi 28 juillet 2009

MAIL-ART DOISNEAU/PREVERT

Ce n'est pas la première fois que j'évoque sur ce blog l'art postal et les trèfles à quatre feuilles, qui sont un peu ma mascotte car j'ai pour "don" d'en trouver très facilement. En voici réunis sur une enveloppe A4 à l'attention de Christine, qui m'a envoyé ce très beau spécimen intitulé "LA VOIE EST LIBRE".

Je prends pour acquis que cette enveloppe est une porte ouverte à la créativité, le bonheur et l'aventure ! Christine me rapelle dans sa lettre qu'un mail-art call sur le thème DOISNEAU/PREVERT court en ce moment. A mon tour de lui répondre sous la forme d'une composition poétique, dont je reporte ici les mots :


Dans un Pré vert, j’ai trouvé des trèfles à quatre feuilles
Il y en avait autant que dans mes rêves étoilés
Et quand j’ai vu à Rome ces amoureux s’embrasser
J’ai pensé que Doisneau, dès le premier coup d’œil

Aurait aimé les voir sous ces parasols verts
Symboles de chance, de foi, d’amour et d’espoir
Puissent-ils t’apporter ce que tu rêves d’avoir
Car chaque trèfle vaut une parole d’inventaire.

Pour l'anecdote, ce fut en trouvant un trèfle à quatre feuilles dans le jardin de sa maison d'Omonville-la-Petite (Manche) que Prévert avait décida de l'acheter. L'écrivaine Louise de Vilmorin en avait fait son emblème, qu'elle dessinait dans sa correspondance.


Christine Leroy et Roswitha Guillemin animent les ateliers "Complètement timbrées", et lancent régulièrement des appels à mail art.

mardi 21 juillet 2009

Comme vous l’avez remarqué, je suis en mode « vacances » sur ce blog. L’expo du PhotoGraff Collectif (voir billet de Tat ici et le billet du PGC sur l'expo ici), le nettoyage du vieux théâtre graffé de l’Ermitage et un mariage en Italie ayant capté toute mon énergie ces dernières semaines, ce blog tourne au ralenti. Alors, qu’est-ce qui a bien pu me faire sortir de mon trou ? Eh bien, une simple vision, un instantané de rue.

clic+

Je ne vais pas vous parler graffiti non, ou peut-être que si mais sous la forme de l’évocation d’un pot de peinture…Chaque matin je passe en Velib devant Beaubourg, et c’est là que j’ai surpris une scène tristement cocasse. Avec un certain recul, je me retrouve soudain plongée dans une scène de théâtre. Un travesti se remet du rouge à lèvres avant d’aller traîner sa misère, sans doute à la recherche de quelque passe tandis qu’un SDF donne sa pitance vide à ses frères de grisaille que j’appelle la vermine ailée.

Je fais une série de clichés, pas trop près…et puis la perruque blonde se retourne et fixe mon objectif. Là, quand je vois cette photo (malheureusement un peu sombre), je me sens comme une voleuse. Ce regard me perturbe, et je m’interroge. Cela demande une certaine audace de diffuser une image dont l’impact émotionnel peut déranger. La captation de la détresse humaine a parfois trait au voyeurisme, surtout quand cela touche de près la prostitution. Lorsqu’on dit PRENDRE quelqu’un en photo, ce n’est pas rien. On prend un peu de son âme aussi, et là je me fais surprendre à prendre. J’imagine à ce moment-là ce qui doit passer dans la tête de ce personnage qui, las de vendre son corps au rabais, se voit « shooté » comme un phénomène de foire…semblant anéanti, il s’est assis sur les toilettes, la tête baissée pour cacher sa souffrance.

L’incongruité de la scène a surtout fait travailler mon imagination, tant elle pourrait être le calque de celle d’un quotidien moderne caricatural, dans laquelle un couple se prépare avant d’aller bosser, la femme à sa toilette et l’homme à donner la becquée aux marmots avant de les accompagner à l’école. Sauf que là, le foyer se limite aux frontières d’une plaque d’égout fixée au pavée au milieu d’une flopée de pigeons et le miroir sale d’une sanisette, renvoyant à la face des passants le revers d’une médaille souillée de fientes. L’image de ce couple d’infortunés restera gravée dans mon esprit comme le symbole d’une farce sociale où la cruelle réalité du monde se reflète dans chaque geste blessé, dans chaque visage oublié, dans chaque instant ignoré de la vie de ces marginaux. Eux et nous marchons sur des fils parallèles qui ne se rencontrent jamais autrement qu’au détour d’un fait divers, lorsqu’il y a un mort…

Voilà. Maintenant je retourne à ma vie à moi, pour vous signaler au passage que le dévernissage de l’expo du PGC à la galerie Confluences, 190 bd de Charonne à Paris 20ème, a lieu ce vendredi 24 juillet à partir de 18h30. WELCOME !

mercredi 17 juin 2009

EXPO A L'ATELIER DE RUE MEURT D'ART : DEBRIEFING

Je suis peu présente sur les blogs ces temps-ci car je suis plutôt dans la vie réelle. J'ai planché pendant près d'un mois sur 20 textes pour l'exposition dont j'ai parlé dans le billet précédent. Vous les trouverez dans leur intégralité chez Tat a l'Oeil et Paris-émoi. L'expo dans l'atelier de Colombes était une première pour nous trois, et elle m'a donné envie d'en faire d'autres ! En alternance avec deux collages de l'artiste, elle s'est terminée dans un jardin ensoleillé, dans une ambiance conviviale et artistique !

Je publie ici un poème non présenté à l'expo pour accompagner la photo "Nouvel R" de Tat, qui avait tenu à écrire elle-même le texte sur sa photo. L'anecdote, c'est que ni l'une ni l'autre ne nous étions concertées sur nos textes...qui finalement pour l'une et l'autre sont des variations sur le même thème, jusqu'à la forme, puisque Tat aussi a écrit ses "R" en bleu et en majuscules;)

Et pour ne pas être en Reste, voici le quatrain dont je suis la plus fière, écrit pour l'une des photos de Francis, et qui souligne selon moi l'ensemble du travail de mes deux compères :

Il est de ces images dont on ne peut rien dire
Par peur de faire pâlir leur éclat d’un soupir
Car leur beauté suffit aux regards éphémères
Aussi je laisse aux yeux ce que la langue doit taire.



A gauche, photos Tat, à droite, photos Francis
je vous invite à aller les voir en plus grand sur leurs pages respectives


Nouvel R

La lettRe se décline en des mots d’oxygène
Un couRant, une chambRe, qui n’en manquent donc pas,
Des bulles qui s’envolent en soufflant dans mes veines
Des veRs libRes à déclaReR pouR s’aimeR en verRs livRes.

Je suis la fille de l’R, une Eve qui Rêve de toi
Cette nuit je pRends le tRain du temps pouR tout RevivRe
L’hoRizon de tes yeux, le paRfum de ton cœuR,

Que je n’ai senti qu’une fois battRe contre le mien
Respirant sous tes poRes la puReté de l’aRdeur
ImpRimant à nos coRps un émoi veRs deux mains,

Je suis ces Rails de feR qui sont tes bRas ouveRts
PaRallèles obscuRes qui ne se rencontRent point
Où des fils d’âmes conveRgent dans tout ce bel étheR !


***

Quelques souvenirs des collages de RUE MEURT d'ART ce jour-là, un Grand Merci à lui, encore !

I. TOUSSAINT LOUVERTURE




II. JEAN JAURES



mardi 2 juin 2009

Histoires d'Ô

Les nuages s’accumulent avec des trémolos dans le gaz
Je sens la première goutte qui fait déborder le vase
Je me méfie de l’autre qui dort : mon double
De cascades en bains de boue, mes fontaines se troublent


Et je reste bouche buée devant ces ors gelés
La glace a bien figé le mouvement des marées
Un coup épais dans l’horizon de mes eaux céans
Comme un poison dans l'os se distille en mon sang
)(


Mental haut, je ne perds pourtant pas l’espoir
Entre deux zoos de trouver l’âme en tain, je grêle
Pour mieux m’y jeter : allo ? mais le bassin est noir
Et il n’y a que ces stupides mouettes à mes appels…

Photos : (1) Jardins de Bagatelle, Neuilly, (2) Mouettes sur le Rhin à Bâle, (3) Sculputures de Tinguely à Bâle.

***

EXPO PHOTO A COLOMBES

Comme j'ai coutume de la faire sur ce blog, nombre de mes poèmes sont illustrés de mes photos. Cette fois, je vais me livrer à un autre exercice, que j'avais déjà fait pour une photo de Gérard Lavalette. C'est au tour de Paris-Emoi et Tat à l'Oeil de me prêter leurs images, à moi de les illustrer de mon mieux...j'espère que vous viendrez nombreux. Il y aura également une deuxième session de collages de Rue Meurt d'Art, cette fois dans sa ville, Colombes (Toussaint LOUVERTURE et Jean JAURES). Pour Jean-JAURES, le comédien Jean Baptiste Hazo interviendra. Suivra un goûter dinatoire à l'atelier de Rue Meurt D'Art au 37 rue du Commandant Rivière à Colombes (apportez vos desserts et autres boissons). Vous pourrez y voir les photos de Paris-Emoi et Tat à l'Oeil, illustrées de mes textes, pour certains inédits sur ce blog. L'exposition, en entrée libre, sera ouverte dès le matin à partir de 10 h 30 jusqu'à 19 h.

mardi 26 mai 2009

3 COLLAGES de RUE MEURT D'ART DANS LE 10ème à Paris

Les fées-murs de Rue Meurt d'Art
*


Le dimanche 24 mai fut une journée riche en créativité, en rencontres et émotions-émulsions murales. Rue Meurt d'Art, dont j'avais parlé déjà sur ce blog et dont vous trouverez une interview détaillée sur le PGC, nous invitait à l'une de ses sessions de collage festif dont il est un des rares artistes urbains que je connaisse à promouvoir. Au total nous étions une quarantaine à le suivre dans l'aventure, sous un soleil de plomb ! Le square St-Laurent peut se targuer d'accueillir deux nouvelles Louise Brooks, actrice fétiche et muse de l'artiste...et comme le hasard fait souvent bien les choses, je pourrai couver les jumelles du regard et ainsi m'assurer de leur fraîcheur en dévalant la rue du Faubourg St-Martin tous les matins en Velib. Ce faisant, en tournant la tête vers la gauche, je jetterai un petit coup d'oeil à Franz, qui toise pour l'heure les passants rue des Recollets, et assister à sa métamorphose.


"Danse avec les Louise"

La performance s'est poursuivie au square Villemin avec d'autres intervenants. Pour ma part j'y ai lu mon poème dédié à Louise, écrit spécialement pour l'occasion (je le reproduis ci-après). A suivi une mini-pièce sur le thème de la Métamorphose de Kafka, mise en scène par Baptiste MALLEK avec les comédiens Bernard et Raphaël MALLEK, Morgan DERRIEN, et Nicolas BINSSE. Ce billet est l'occasion pour moi de remercier tous ceux qui ont fait le déplacement, qui sont restés jusqu'au bout, les amis photographes qui étaient présents et qui pour certains m'ont envoyé de belles photos : Tat, Francis, Thias (le PGC crew), Pascal, Gérard Laurent, Henri, Lydie et j'en oublie sûrement. Enfin, un grand BRAVO et MERCI à Jean-Marc et à sa famille pour l'organisation de cette superbe journée !

Les fémurs de Rue Meurt d'Art

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
LOULOU

Louise, belle garçonne au cou ruisselant de perles fines
Celles de nos yeux en ce jour te rendent un hommage...

Les années folles furent l'écrin de tes somptueux corsages
Quand ton carré d'ébène embrassait tes plus belles mines

Mais l'outrage à ta vertu subi à ton jeune âge
Fit de toi cette obstinée Vénus inaccessible.

Aux loufiats d'Hollywood qui te prirent pour cible
A ceux-là tu faisais les yeux noirs sans ambages,

Louvoyant pour avoir un seul de tes regards, moi
Je dessine bien souvent tes portraits noir et blanc...

L'ouvroir de mes rêves s'étend à tout ton cinéma
Lourds d'heures muettes qui semblent défier le temps

Lou-ange, Lou-démon, au fil de tes longs-métrages
Sous ta pose superbe, d'en bas je te contemple,

Femme de la toile tu es le canevas d'un mur-temple :
L'oubli s'estompe, pour laisser place à ton image.
O-O-O
ANNONCE : Pour ne pas être en reste, Jean-Marc nous prête son atelier de Colombes le 13 juin prochain pour une expo-photo-poèmes, à l'occasion d'une autre session de collages urbains. Vous y verrez le travail de Paris-Emoi et de Tat à l'Oeil, que j'illustrerai de mes mots. Nous ferons suivre une invitation bientôt !

vendredi 15 mai 2009

MOURIR DE RIRE


Par deux fois cette semaine dans le métro, on m’a demandé ou suggéré de sourire. La première fois, un homme noir un peu agé, entrant dans la rame, s’est mis à nous dire combien il était important de sourire. Bien entendu, sa petite prestation en a mis quelques-uns en joie. L’homme était élégamment vêtu, les traits fins et avenants, la silhouette longiligne. Avec sa cravate, ses chaussures bien cirées, son costard impeccable et sa canette de bière à la main, il avait de l'allure. Son discours, loin d’être décousu, était plein d’espoir et d’humour. C'est vrai, les gens ont toujours l’air un peu déshumanisés dans le métro. Ce thème, en pleine période de crise, peut sembler incongru, et pourtant il était écrit au-dessus de ma tête il y a quelques jours encore.

J’avais déjà parlé dans un précédent billet du détournement de la pub de Priceminister «Devenez Radin», et cela me rassure de voir que cette affiche continue de faire réagir. Le message "devenez malin, arrêtez de travailler, de consommer et profitez de la vie", peut sembler facile et pourtant…comment, tout en étant différent, peut-on y rester indifférent ? La crise économique ne laisse personne de bois, elle devient même un argument de vente et de persuasion politique. Elle a bon dos, la crise. En attendant, ceux qui en ont plein le dos et qui trinquent sont ceux qui perdent leur emploi, n'ont pas une salaire qui fait trois fois leur loyer et qui croulent sous les débordements des plus riches. C'est sûr tout ça ne fait rire personne, et je ne suis pas dans la tête des gens qui prennent le métro pour savoir ce qu'ils endurent dans la vie. Je peux l'imaginer seulement...il y a tellement de raisons d'être malheureux.



J'ai de la chance, et je la mesure, car pour l'instant j'ai un toit sur ma tête et un boulot. Mais il y a de plus en plus de chômeurs, pas assez de logements, et de plus en plus de gens en situation irrégulière. Le gouvernement dit "qu'il y travaille". Mais ce sont toujours les mêmes problèmes, les mêmes rengaines électorales qui reviennent de mandat en mandat et au bout du compte on n'en sort pas, pendant que d'autres s'en mettent plein les poches alors même qu'ils ont mis leur entreprise en péril (cf. Société Générale). Je n'ai pas besoin de lire les journaux pour savoir que ça ne va pas, il suffit de regarder autour de soi, dans la rue, pour s'en rendre compte. Le mot "crise" est souvent le corollaire de termes plutôt négatifs...crise de larmes, d'épilepsie, d'urticaire, de nerfs, d'"hystérire"...Oui, je veux bien d'une crise de rire, et pas à coup de "lol" ou de "mdr" au bas des mails ou des SMS comme c'est la tendance. Je parle d'un rire conscient, salvateur, constructif. Cet homme si sympathique qui rit avec sa bière à la main, il a bien raison. Et j'aurais bien trinqué avec lui, même si cela m'attriste de penser qu'il boit comme un trou pour s'en sortir, justement de ce trou, sans savoir sans doute qu'il ne fait que s'y enfoncer.


lundi 4 mai 2009

DOIGT D'HONNEUR

L’origine du doigt d’honneur, gestuelle autrement appelée de nos jours « fuck » remonterait à quelques milliers d’années. Le digitus impudicus, bien qu’ayant de très loin trait au romanesque, apparaît déjà dans la littérature de la Rome Antique.
Pendant la fameuse guerre de 100 ans opposant l’Angleterre et la France, les irréductibles Gaulois coupaient l’index et le majeur des archers britanniques prisonniers, ce handicap les empêchant de tirer. Avant une bataille, les archers anglais narguaient leurs adversaires en brandissant l’index et le majeur comme pour les inciter à venir les leur couper. Le geste leur est resté aujourd'hui.


Collages Ludo (Nature's Revenge) et Lyl (ST Sticks) - Pix cxl Thias


Le doigt médian levé comme possible analogie avec le phallus pourrait expliquer également son caractère osbcène. Ce que j'appellerais le « digiphallus » tient symboliquement à la fois de l’insulte, de la provocation, de l’hostilité ou encore de la rébellion contre l’ordre établi. Plus généralement, entre nous, on l’utilise plus pour signifier un break dans la conversation, dans un jeu de répliques où celui qui perd face à l’attaque verbale de son interlocuteur n’a d’autre alternative que d’élever ce doigt « fourre-tout » plutôt que la voix, ce qui veut dire tout et rien à la fois…


Graffs Agence 11 et Koca (95C) - Pix cxl Paris-Emoi

Ce geste apparaît également abondamment dans le street art...en ce moment au canal St-Martin le gigantesque Goldorak de Pimax nous nargue de son "Fulgoro-Poing ephémère" (allusion au Point Ephémère), passage des Récollets un grand collage de Nature's Revenge (Ludo) semble faire passer un message écologique qui ne manque pas de piquant, tandis qu'une sorte de punk fluo peint à la Forge (rue Ramponeau) abordait le visiteur à l'entrée il y a quelques mois...


Pochoir Goldorak par Pimax et tracé de Provok - Pix cxl Tat

En définitive, chaque doigt de la main a un usage phatique, populaire ou social : l'expression "mise à l’index" est le pendant d'une fonction directive, l’auriculaire dont le nom est tiré du mot oreille semble le plus pratique pour se gratter le tympan, l’annulaire, support du statut marital est une sorte de doigt dans l’engrenage (°:°), et le pouce signifie la positive attitude ou « stop ». Je ne m'étalerai pas plus ici sur les multiples usages que l'on peut faire de nos phall-anges, mais tout ça me donne envie de manger des Fingers, moi, pas vous ?

Petits clins d'oeil @ Tat et @ TWO;)...et au PGC crew !

lundi 27 avril 2009

FACE A MAIN

J’ai déambulé à la recherche de mon image
Dans les vitrines et les flaques, j’ai cru voir mon visage
Psyché délictueuse, rue des Alouettes : un leurre
Ce n’était qu’un fantôme, dont j’ai vu la pâleur
Au pied d’une glace d’argent rue du Plat d’Etain.
Dans ses aplats déteints j’y voyais deux yeux fins
Qui fixaient le trottoir de la rue du Regard,
Ah ! quand les voies de Paris font des jeux de miroir !
Rue de l’Oculus nos yeux sont le reflet de l’âme
Mais rue de la Mire les égos s’y enflamment…
A Berlin j’ai bien cru que j'avais la berlue
Des masques semblaient sourire, de l'autre côté de la rue :
M'approchant de plus près, j’ai compté des facettes
Bris de verre, bribes de moi, elles n’ étaient pas très nettes !
°°°
Mosa : miroir façon Geiger à la devanture d'un coiffeur dans une rue de Berlin, avril 09.

lundi 20 avril 2009

GEOMETRIE VARIABLE


Cette historiette regorge de termes relatifs à la géométrie spatiale. Mais si certains sont lisibles sans difficulté, 10 d'entre eux sont plutôt bien cachés...A vous de jouer !


La City, quartier d’affaires de la capitale britannique, brille de mille feux ce-jour là. Les vitres aux miroirs troubles semblent répéter à l’infini des nuages d’un blanc laiteux rappelant la peau diaphane des anglaises. Les buildings, écrasants de transparence, offrent des formes anguleuses propices aux plans géométriques. Isobel s’amuse au gré des diagonales à cadrer l’espace dans l’écran de son appareil numérique. Avec ce soleil, nul besoin de monter en ISO, c’est le pied ! L’un des gratte-ciels, semblant s’envoler tel un avion d’acier, trace une ligne verticale vers un point de fuite imaginaire : « Comme sa barre part à l’aile ! » se dit la jeune femme. Les nombreuses solives de métal qui font l’armature de ces montres de verre ne sont pas sans lui rappeler les méridiens et fuseaux qui quadrillent la terre. Elle aperçoit nettement sa silhouette se reflétant dans les carreaux, et fait des signes aux costards-cravate qui passent, lesquels lui répondent d’un clin d’œil. Elle aux anges claironne :

«Quel beau temps gentlemen, souriez, vous-êtes filmés !»

Un petit rappel ironique à toute la clique de caméras qui pullulent dans les rues de Londres.


Mais, déconcentrée par ses propres délires narcissiques, en reculant dans un tournant elle ne voit pas une trappe, pèse trop tard les conséquences de son imprudence, car son appareil photo tombe et se casse avec éclat…«- Hey ! mon Pentax !Gone… » lui répond direct en glaviotant un vieillard décati, l’œil égrillard. Il lui tend avec empressement une poigne secourable pour la sortir de son trou non sans lorgner ses courbes…Isobel voit bien le genre : ce pervers pépère pend dix culs l’air de rien en posters sur les murs de sa carrée…Il tente d’ailleurs de lui coller la main au fessier. Elle hurle. Un bobby ne tarde pas à se radiner pour mater le pépé qui est cuit, latté, râle et trépasse.



La morale de cette histoire c’est qu’il ne faut jamais sous-estimer un angle mort, et encore moins un anglais mort !

Photos : La City de Londres, mars 2009.

lundi 13 avril 2009

TATTOO

Tatoue-moi donc les tétons puisque de moi t’as tout
Petit à petit mes atouts tuent tes traits têtus
En digitales arabesques à tes doigts étendus
Tu tâtes où ça fait mal, tous tes tattoos à mon cou !


Quel mot se cache dans ces volutes ?

Ecrites au bic mes lettres taboues sur toi s’impriment
De ta peau titilleront bientôt la carapace
Devenu tendre tatou à ton tour tu m’enlaces
Etre-totem, je tressaute à tes piques, est-ce un crime ?

°°°

Petits clins d'oeil à
Cali et Anbleizdu qui m'ont soufflé l'idée de ce billet.

Je pars une petite semaine et ne pourrai visiter vos blogs, mais je me rattraperai à mon retour;)
Je vous souhaite à tous un bon week-end Pascal !

lundi 6 avril 2009

Un père hâtif...en CAPITALES !

°°°

Les noms de 15 villes se dissimulent dans cette épopée emplumée…saurez-vous les retrouver ?


C'est l'histoire d'un coq qui adorait parcourir le monde. Volage, il voguait de ferme en ferme dans le monde entier. Avec une poule à chaque port, il voyageait sans chapon et, comme tout grand séducteur, il ne faisait pas d'omelettes sans casser d'œufs ! Il disait à sa cocotte : "ponds dix chéris !", et le lendemain il s’envolait vers un autre trip au lit...L'hiver, lorsque son nid n'était pas assez chaud, il avait recours à des marchands de chaleur, et à coups de "vends, couveur !", il leur volait dans les plumes pour se faire des couettes à pas cher. Prolifique, il semait des petits partout et gardait un œil jaloux sur ses ouailles, auxquelles il piaillait moult conseils. Ainsi, à une biblique poulette un peu trop replète, il conseillait : "jeûne, Eve, et stoppe donc les frites !" A un poussin nippon un peu trop timide, il sifflait : "ose, Aka !" - A son fils rocker anglais qui ne s'éclatait qu'en messes noires, il hurlait : "nique, Ozzie !".

Il ne partait d'une ville que lorsqu'il sentait se sentait grillé...mais comme tout oiseau, il n’était pas toujours très vif. Un jour, voyant que sa progéniture était baguée, il demanda pourquoi il n'avait pas été invité à la noce...mais lorsqu'il entendit le jeune farmer anglais dire à son père "bague, Dad !", il comprit tout et fut très triste. Déprimé, il s'échappa lorsque sa poule aux yeux d'or chinoise lui souffla : "Adieu poulet, quitte tôt cet endroit ye t'en priiie !". « OK, mais occupe-toi bien des mouflets et n’oublie pas, borde Hô et embrasse-le bien fort de la part de son papa !». Le coq en colère reprit toutefois rapidement la plume de la bête. Il partit sans crier gare à Scotland Yard pour y consulter son ami, un célèbre détective, et dénoncer le meurtre en série de ses poussins.

Il lui conta toute l'histoire, mais il y avait tellement de détails et tellement de prénoms que le fin limier lui faisait répéter plusieurs fois. Le détective notait fébrilement tout dans ses carnets, tandis que le gallinacé scandait à intervalles réguliers comme un perroquet : "Stocke, Holmes !, stocke, Holmes !". Et le Sherlock stockait, et le Sherlock stockait, des trucs qui collent au coq encore et encore…Mais, parti dans une logorrhée difficile à juguler, l’emplumé s'exclama : "Je commence à en avoir la nausée de tout ce massacre, j’en peux plus !" Sherlock lui répondit avec un fort accent "coq-né" : "Dans ce cas, tais et wends !" - "Non", répondit l'oiseau, "je ne me tairai pas. Il faut faire la lumière sur cette affaire, c'est pourquoi j'irai où campe Allah" – « May à quoi te sewvirait un pèlewinage là, mec ? » Le coq, buté, ne répondit pas. "Ok, vas-y, monte et vis des hauts…et des bas ! Je te pwéviens, tu wisques de laisser des ploumes dans ce bad twip", fit le détective. « Tiens, pwends le guaïde du Poulard, et avant de pawtir, lis-le please !». - « Merci, je te revaudrai ça, fit son pote ». Sur ce, l’oiseau fit une volte face qui fut aussitôt stoppée par Sherlock : "Hey ! May ne te taille, paye ton coupe au moins !". Ils allèrent donc s’en jeter un au bar en face de chez Coq & Colas. Ce faisant, ils aperçurent Nick Park du haut de la terrasse et lui firent un signe amical : « Monte, réal ! ». Mais le réalisateur, à l’instar de sa création, s’enfuit à grand vitesse…

enseigne, Paris 18ème

lundi 30 mars 2009

CANAL FLUX


OURQ CANAL

°°°
Je me crois bien mise mais je suis floue et pas au point,
Point de vue imprenable du haut d'un grand toit clair
Toi sur ma tête, le soleil couchant darde ses pics de verre
Vers mes yeux : le canal lacrymal s'écoule et je ne vois rien !


GLASS STARS
°°°

Je voudrais découvrir dans ce trou de lumière l'essence :
Les sens de tes rêves et l'onde de tes secrets ;
Se créent des liens au fil de tous ces signes muets
Mués en débris épars troublant ma paix intense...

PEACE SYMBOL
°°°
Il y a un temps pour tout dit-on, à trouver nos élans
Poncifs de la raison quand le coeur dit autre chose
Chose espérée : que tu m'ouvres cette porte close,
Sous ce vent de poussière, Pantin qui tue mes tympans !



BROKEN
HEART
°°°

Pans teints de tags, murs, je me perds dans vos veines
Vaines réponses si j'écoute le cri de vos silences
Si lentes soient mes pensées, à rouiller elles s'enchainent
Sans chaine pour les retenir à ma voix qui s'élance...

RAILWAY SUNSET

°°°

lundi 23 mars 2009

HIGHGATE

Cela faisait longtemps que je voulais visiter le cimetière de Highgate. J'ai eu l'occasion lors de mon récent week-end à Londres d'y passer une délicieuse matinée. Ce cimetière fut créé en 1839 (partie Ouest) et étendu en 1854 (partie Est). Coïncidence, c'est à cette même date que fut ouvert le cimetière de l'Est de Paris que nous connaissons sous le nom de Père-Lachaise. Mais, si la visite de notre célèbre nécropole n'est ni payante ni soumise à conditions, j'ai été un peu déçue de ne pouvoir visiter que la partie est et de devoir m'acquitter d'un droit d'entrée...cela s'explique par le fait que le cimetière est privé et ne "survit" que grâce à des subventions et une association qui veille bénévolement à son entretien. La section la plus ancienne et probablement la plus intéressante n'ouvrait que l'après-midi. Elle est en effet fermée en dehors des heures de visite à cause des agissements de fanatiques profanateurs. Cela ne m'a cependant pas empêchée de rester 3 bonnes heures dans ce jardin oublié où pas âme ne passe. Ce cimetière fut le théâtre de nombreux événements paranormaux au XIXème siècle. Il inspira notamment Bram Stoker pour l'écriture de Dracula après l'exhumation du corps de la jeune poétesse Elizabeth Sidal, qui fut l'épouse du peintre préraphaélite Dante Gabriel Rossetti...les vampires reprirent ensuite du service en 1970...mais personnellement, je n'en ai croisé aucun !
°°°°°°°
Alors, que fait-on pendant 3 heures dans un cimetière ?

C'était un havre ensoleillé ce jour-là. En dehors des sentiers goudronnés, je fus d'abord frappée par la folie d'herbes sauvages et de ronces qui se faufilait au travers d'une forêt de stèles ébréchées aux croix entrelacées de racines tortueuses. Des écureuils sautillaient sur les chemins encore boueux d'une pluie récente, et je m'efforçais de les suivre en évitant les flaques. Mais ils étaient bien trop rapides, les épines se piquaient dans ma peau et m'empêchaient de courir. J'avançais donc lentement entre les buissons et les tombes, tout en ouvrant de grands yeux, à l'affût du moindre détail à prendre en photo. Les statues d'anges, dont l'expression changeait au gré des nuages qui filtraient la lumière, semblaient sourire à mon approche. J'étais bien. Je goutais la paix, comme en écho à cette croix de pierre où les mots "Peace, perfect peace" étaient gravés.
*

*

A Highgate, la végétation est parfois si dense qu'on ne peut faire autrement que de marcher sur les dalles, sur la pointe des pieds, comme pour ne pas réveiller les morts. Des bancs de bois attendent à la croisée des chemins qu'un promeneur vienne se caler au creux de leurs accoudoirs. C'est sur l'un de ces bancs que je fis une série d'autoportraits; je m'amusais avec la lumière du soleil qui frappait de plein fouet mon visage un peu trop blanc.

L'endroit se prêtait à une douce rêverie romantique. J'y rencontrais des yeux d'écorce qui semblaient m'inviter à lire les épitaphes anciens.

*

Le temps d'une pause, j'aurais pu m'adonner au fameux tea time anglais, mais il était trop tôt pour cela, et je ne trouvai pas de tasse dans les enchevêtrements de lierre jonchant le sol. A 1 o'clock, j'étais imprégnée du lieu, j'avais respiré de l'air pur, et j'avais offert mon visage à la caresse du soleil. C'était suffisant, et pourtant je m'arrachai à cette terre avec quelque regret. Je savais que je reviendrai ici pour visiter la partie secrète lors d'un prochain passage à Londres. Ces prémices m'avaient ouvert la voie d'un ailleurs mystérieux...à creuser !

mardi 10 mars 2009

DES ACROSTICHES...POUR LES ARTISTES QUI M'INSPIRENT !

>>>>>>>>>>>>

Pour FKDL


Session collages "Rue STICK" rue du Roi de Sicile le 1er mars 2009 à l'initiative de Skio


Fariboles de papier en petites coupures
Régalant de couleurs les crépis de nos murs
Avec des arabesques qui chassent le cafard :
Nos bribes d'existence semblent y trouver l'espoir
Comme des fantômes noirs, éphémères insomniaques
Kaléidoscopiques, ils clinquent et puis claquent !
-
Dansez donc, figures de fête, que l'on décolle !
Un pas vers le ciel et un autre dans la rue
Voici venu le temps des belles farandoles
Amour, échanges et liberté sont ces mots qui tuent
L' indifférence urbaine et les misères humaines.

Le blog de Franck

*

Pour RUE MEURT D'ART
Visite de l'atelier de Jean-Marc Paumier début 2009


Louise Brooks, cité Prost, Paris (crédit photo : Gérard Lavalette, merci à lui)



Rue, tu t'émeus quand mes émois se meurent :
Une âme sensible et nue se mue en un murmure
Et d'un mouvement magique à méditer, le mur

Me raconte un poème de mots en mi majeur.
En mes mirettes alertes s'essaiment tes messages,
Une rumeur m'aligne en une tumeur maligne :
Rhume semant des perles d'art à mon cou que j'incline
Très haut pour y revoir s'imprimer tes visages.

D'une main je salue ces mômes de papier
A effets de fée, je musarde et m'amuse, car
Rutilant joyeusement sous mes fémurs défaits
Ton macadam est libre et joue ses avatars.

*

Pour Guilhem et son JADIKAN LIGHTNING PROJECT

Session light graff dans une ancienne boîte de nuit avec le PGC

(aux lumières : Cxl, Tat, Thias et Guilhem - crédit photo Guilhem)


Graphes de lumières, de lasers en loupiotes
Une symphonie de tons pour éclairer tes notes
Illusions, lettres de feu dont l'écho nous étonne !
La nuit se fait l'écrin de tes spectres dansants
Habillés des étoiles que tes diodes fredonnent
En calligrammes de feu surgissant dans le noir :
Magie blanche mystérieuse parfois née du hasard...

Son Flickr

*

MERCI A EUX !

mercredi 4 mars 2009

QUAND LA MORT S'AFFICHE

En histoire de l'art, les memento mori ou les natures mortes sous forme de vanités sont un rappel du caractère transitoire des plaisirs de la vie. Ces questions philosophiques se retrouvent à travers les âges et dans l'iconographie contemporaine (publicité, mode et arts), qui décline la tête de mort sous une multitude de formes dans une symbolique commune. Ce qui me fascine c'est l'ingéniosité des artistes illusionnistes qui se jouent du subconscient tout en créant un effet visuel étonnant. Le graveur hongrois Istvan Orosz a donné dans ses illustrations toute la mesure de sa maîtrise du trompe-l'oeil. Dali, Zurbaran, Charles Allan Gilbert et bien d'autres, on travaillé sur des illusions d'optique incluant des crânes (voir ci-dessous).
*

On retrouve de façon récurrente des jaquettes de films d'épouvante basées sur le même principe. L'affiche de Terminator montre un plan aérien d'une ville faite de composants électroniques à l'image des robots qui l'exterminent à petit feu. The Descent est un calque de la photo de Dali dont l'installation savante de corps humains repliés forme un visage. The Ferryman ("le passeur") met en scène un bateau "nasal" sur front de mer brumeux. The Chill ("coup de froid") affiche les hublots orbitaux des portes, tandis que The Cavern reprend l'aspect troglodyte de notre os creux. Sur l'affiche de Shrooms (abréviation de mushrooms = champignons) se profilent une truffe sombre et deux orbites fongiformes en contre jour avec un paysage lunaire. L'affiche de Pathology est une habile mosaïque de négatifs en clair obscur, là où Cabin Fever et Evil Woods jouent sur l'aspect touffu des feuilles et des ombres pour créer un visuel un peu grossier.

(cliquez +)

Ces affiches ont beau jouer de leur petit effet trompe-l'oeil pour appâter le premier clampin au rayon "direct to DVD", elles ne cachent pourtant pas un scénario souvent cousu de fil blanc ! Dans Shrooms, une bande de potes décide d'aller se perdre en pleine forêt pour se taper un trip aux champis version hallu qui tourne au glauque. Pour continuer dans le thriller forestier, une bande de potes (pas la même heureusement) loue une cabane dans les bois mais se retrouve nez à nez avec un ermite infecté d'une fièvre mortelle qui pourrit quelque peu l'ambiance dans Cabin Fever. Dans Evil Woods ("les bois maléfiques"), on retrouve tous les ingrédients du film d'épouvante pour prépubères avec bien sûr la clique d'ados qui picole de la bière, se raconte des histoires qui font peur autour d'un feu de camp, baise, fume du hash et se fait massacrer par un maniaque de la hache à l'accoutrement ridicule. Une autre bande, de spélélogues cette fois-ci, se fait trucider tout le long de The Cavern, par le mystérieux habitant des lieux. The Descent reprend exactement le même scénario mais avec un groupe de 6 femmes. Pas mieux dans The Ferryman, où un groupe de touristes embarque dans son yacht de plaisance un étrange et débonnaire vieillard rescapé de la dernière marée qui s'avère être un terrible meurtrier ! Dans The Chill, un écrivain raté se prend un job alimentaire dans une épicerie dont le propriétaire prétend avoir une maladie rare qui le contraint à vivre quasiment cryogénisé. Dans l'intervalle, deux prostituées sont portées disparues...un secret se cache derrière les murs glacés du lieu de son nouvel emploi ! Pathology semble sortir du lot avec l'histoire de cette bande d'étudiants en médecine déjantés qui décident d'inventer le crime parfait.

Comme on le voit, ce sont les thrillers et les films d'horreur qui donnent la part belle à la représentation de la mort sur leurs posters. Evidemment ça serait surprenant s'agissant d'une comédie romantique, mais ce qui m'a particulièrement intéressée c'est cette recherche dans la suggestion de la mort par l'image en reprenant le décor et le thème du film. Comme si, finalement, quels que soient les éléments du décor, le visage humain se fondait dans le paysage avec une adaptabilité étonnante. Tout ce qu'on a dans le crâne, tout de même, c'est dingue non ?

Et pour ne pas être en reste, je vous propose un parallèle avec mon billet sur Photograff Collectif, où l'on voit que les artistes de rue aiment eux aussi particulièrement jouer avec l'imagerie de la mort...

lundi 23 février 2009

Paroles d'oiseaux

au Musée Rodin

  • Dis, si le moineau est un petit moine, est-ce que la canette est une petite cane ?
  • Peut-être bien, puisque le passereau est le mâle de la passerelle. Un petit moine a toujours besoin d’une cane, tu sais, au cas où l’abbé casse.
  • Mais alors, si le Père Roquet est un papa-chien, la Mère Leu est une maman-loup ?
  • Sans doute, puisque le pigeon est une petite pige. Mais dis-moi, je trouve tes questions bien puériles, je ne te savais pas si jeune ma buse…
  • Un condor peut cacher de précieux faux cons ! N’entends-tu pas cingler le chant du martinet qui annonce en tremblant les lettres du corbeau ?
...au cimetière Montparnasse




lundi 16 février 2009

VIRES-TU ELLE ?

Pour continuer dans l'interactivité entre blogueurs, je réponds à l'invitation de Nicolas du Perchoir, qui nous "propose comme challenge, à ceux qui aiment jouer avec les mots, d’écrire leur propre vision de son histoire à lire sur son blog, dans le contexte d’une révélation, d’une illusion et d’une connexion avec un monde fictif.

* **



Depuis quelque temps déjà, sur mon blog, il se passe une chose bizarre. Les commentaires d'un inconnu se glissent sournoisement sur mes billets, et quand je clique sur le mot "anonyme", je suis redirigée sur une page remplie de 1. Les vers sibyllins de l'inconnu parlent de mon enfance, de détails que moi seule peux savoir. C'est comme si une entité virtuelle et omnisciente (que j'appellerai ELLE) était entrée dans mon esprit pour me voler mes secrets. Le tout, sous des formes qui me touchent, reproduisant mon style d'écriture. Je supprime ces interventions dérangeantes au fur et à mesure de mes billets et je les copie dans un document à part. Mais j'ai décidé de stopper net depuis la nuit dernière, car j'ai fait un cauchemar dont le scénario reprend le texte du premier commentaire retiré. Ces vers évoquent ma phobie, sous forme de haïkus :

Ô Belle Arachnide
Viens à moi, venin perfide

Tes yeux de clepsydre


Dans mes mains vides
Ecoulent leur sable aride

A la couleur cidre


Dans mon rêve, je me trouvais dans un désert, peuplé de dunes de mygales, avec un sablier au-dessus de ma tête...Je ne peux pas contrôler ces apparitions, et j'ai donc commencé à faire des recherches relatives à d'éventuelles expérimentations semblables par d'autres blogueurs, mais je ne trouve rien. Ces mots issus de nulle part sont pourtant bien écrits par quelqu'un !?! Dans tous les cas, si je n'en suis pas l'auteur, j'en suis l'"ôteur" pas à la hauteur : ils restent en effet gravés dans mon subconscient comme une morsure qui ne cicatrise pas. Les coms prennent même parfois une tournure menaçante :

Petit poisson devient dragon
Quand le cancer atteint l'arête
Il nage dans son filet tout net

C'est la toile qui distille son poison


Tout y est. Mes ascendants astrologiques, mon engouement pour la blogosphère et internet...mais je ne peux croire à une intervention autre qu'humaine, en dépit de l'absence totale d'explication rationnelle. J'ai même fait appel à un spécialiste du langage crypté et des codes informatiques, très calé en virus ! Mais le constat demeure des plus incroyables. Il n'y a PERSONNE derrière ELLE, pas d'adresse IP, ni clavier ni ordinateur connecté. Ces mots sont de purs calques humains, mais irréels, abstraits, fantômes ! Je ne dors plus et la nuit je suis connectée à la lune. Ces "poèmes" sapent mon moral, je me dis que je suis schizo, que je suis l'auteur de ces coms et qu'après je les oublie...j'ai pris à témoin ma famille, mes amis, pour voir si...mais non, j'ai beau me trouver à des kilomètres d'un ordinateur, les coms sont là, tonitruants, éprouvants, machiavéliques ! Le chiffre 11-11 revient dans ces délires, et je le vois partout, comme l'heure fatale de mon apocalypse intime, et c'est peut-être ça !!! Une signature est apparue justement en bas du 11ème com...le paraphe MM. Voici le commentaire, sous la forme d'un palindrome dont la langue est étrange :

Le un n'a nul élève nez, no lune, no name. Dix is a true monster : rasés à ses arrêts, on meurt à six...Idem an one, nul onze ne vêle l'un annuel.

Pour avoir retourné le chiffre 11 dans tous les sens, je sais ce que cela signifie : MM, c'est 11-11, car la lettre M n'est pas autrement composée de deux 1 qui se font face, un à l'envers, un à l'endroit, tout comme le symbole de mon signe est représenté avec deux poissons qui vont dans des directions opposées. J'ai toujours été fascinée par la lettre M et le chiffre 11, et ELLE le sait, car j'en ai parlé dans mes billets (Rhyming tautolipogram, M et vous...les uns les autres, 11:11). ELLE se joue de mes obsessions et de mes incertitudes. ELLE sait que je suis sensible aux signes et aux symboles...ELLE et 1111 sont aussi des palindromes, codes-barres d'un sens giratoire sans fin, sans issue de secours...



Aujourd'hui, cela continue, mais je vis ces manifestations comme une possibilité de retour sur MM, c'est à dire...Moi-Même. C'est le reflet de mon âme, c'est un jeté de mon sang, c'est le bug inexpliqué de ma SERV-ELLE : le serveur "elle", dernière syllabe de mon prénom. Un jour peut-être, je comprendrai la signification de tout cela. Tout semble évidemment basé sur la connectivité des signes : il n'y a pas de hasard, toutes ces coïncidences ont un sens, dans une autre dimension spatio-temporelle, mais je ne le saurai qu'au prononcé de mon dernier mot...Ce mot, c'était la MORT sans "air", la mort, cet éther net éternel, et ce mot...c'était peut-être ELLE !

ATTENTION CECI EST UNE FICTION : TOUTE RESSEMBLANCE AVEC DES PERSONNAGES OU DES ÉVÉNEMENTS PLUS OU MOINS RÉELS OU RECONNAISSABLES SERAIT FORTUITE...