lundi 30 octobre 2006

OUROBOUROS

Voici une de mes nouvelles créations à contrainte : un poème dont les vers riment bout à bout de manière homophonique. Je le baptise "Ourobouros" car, à l'image de ce serpent qui se mord la queue, il symbolise l'éternel retour, la boucle bouclée et aussi peut-être une cercle qui se veut versé à défaut d'être vertueux...



Ici c'est plus lisible :

Je dis en ce jour de jeudi :

- « C’est aujourd’hui que je m’amuse ! »

J'accuse que mon époux Jacques s’use

Mais je vois soudain mon amant tout transi

J'enfile un slip et lui dis : « Jean, file !

Ciel ! mon mardi est arrivé pile ! »

Ramdam affreux je rame, dame,

Pour tenter d’éviter le drame

Mes cieux sont tombés, messieurs

Oh la scène qu’il m’assène, parbleu !

Ce qu’on raconte donc sur ce con

Mon époux n’est qu’un vieux barbon !

C’est vérité, toute sa sévérité

C’est pas pour ça que je l’ai épousé !

- « Jeunesse ô ma femme, que je naisse

Se passe » me dit-il, « tu m’abandonnes…

Matin chagrin si bien m’atteint

J’aurai souffert en mon automne…

J'enviais les bourgeons de janvier

Quand j’étais encore jeune homme,

Je niais l’amour, tel un jeune niais

Et dans mes nuits c’était tout comme…

Mais j’errais pour une mégère

Au moindre pied posé dehors…

Je ne voulais pas d’une femme si jeune

Et pourtant je t’ai liée à mon sort

C’est que je t’aime ! Mais aimer un cœur sec

Qui vous tue à coups d’amants

Non, sans rire, c’est un non sens !

Une femme infâme, oui, je la rends :

Pars donc, emporte avec toi mon pardon ! ».

« Bouc en colère, il m’indiffère ton boucan !

Lui répondis-je. Oui, je rejoins là mon amant :

J’étais si sûre d’être jetée

Que j’avais déjà pris les deux vents !

mardi 24 octobre 2006

L i b é r e z l e s a i l é s,
D é v i s s e z l e s s c e l l é s !



Voilà de bien drôles volatiles volubiles qui virevoltent dans tous les sens...à vous de les répertorier tous ! Je profite de l’opportunité pour vous donner un aperçu du travail de Djoulian (cf. ci-dessus). Merci à lui.

* * *

Coucou : c'est deux fois plus de torticolis, mais le col y brille
Comme un cygne précurseur, avant-coureur en bas résille,
Emu l’émeu se meut au mieux dans son armure, serein et lent,
Terne flamant gris qui n’atteint l’éclat ni de la flamme ni de l’amant.

On se gave des fois gras mais cécité fait l'oie : c'est l'oisiveté...
De la caille, oui mais en gelée, faisons-là réchauffer
Avec un hibou à cent degrés qui ne fait pas toujours "cuit ! cuit !"
La pie d'air est lapidaire : lapeuse au tapis, tapeuse au lapis...

Naïf, le pigeon déplumé crie bis : "au vol ! au vol !" mais qui l'eut grue ?
Le go ! élan n'est jamais plus vif au ciel que transporté aux nues.
Caca tôt est-ce ? Déjà les dindons dodelinent en mare à boue
Où donc trouveront-ils leur divine aigrette, sera-ce alouette d'Eden ? Où ?

« Y a qu’à faut qu'on » nargue le pervers épervier, tournez vos tours !
Oh ! mon héron, carré dans son plumage, fait la manche haut pour les sourds
Le canard est meilleur sauvage : mais il se lit mieux enchaîné que libéré...
Ai-je l'air âgé d'un geai dégénéré si j'éjecte de légers jets jais ?

Je lis, note, et cache mes yeux de merle enfouis à la dérive
Nous en pinçons assez pour change eider, mais comment faut-il que je l’égrive ?
Tout fout le camp...tout : quand ? On s’interroge sur ces collègues :
En effet, momot, bulbul et caracara sont de bien drôles de bègues

Et si le moineau n'est pas nécessairement un petit cistercien
Perruche et perroquet sont la quiétude des abeilles et des chiens ;
Les colombes à rhum, hors nid, tôt trinquent, car mises en bières
Et le corbeau ? quel corps ce laid, sortez vos nichoirs ! - et une guêpière...

Le paon talonne, le jar téléphone, et le pélican cane, quels butors !
Pas mieux que ce pic-sou de pingrouin : c'est un con d'or...
Ma préférée est chouette, et pourtant il y en a qu'elle effraie :
Quand elle perd la parole, bah…moi j'en reste mouette !

* * *



Admirez ce magnifique « touc en cage » qui nous regarde avec son oeil bleu presque humain, triste, derrière cette grille...Voir les animaux derrière des barbelés, ça me fait toujours quelque chose. Ca me met terriblement mal à l'aise. Ce soir, j'ai une pensée pour eux.

lundi 16 octobre 2006

R-h-y-m-i-n-g T-a-u-to-l-i-p-o-g-r-a-m


Celui-ci m’a fait baver des ronds de chapeaux : pas un seul "e" qui n’aime le "m"…un texte dont on omet volontairement un ou plusieurs caractères s’appelle un lipogramme (grec
leipô = laisser + gramma = lettre), tandis que si les mots d’un texte commencent tous par la même lettre, on l’appelle tautogramme (grec to auto = le même). Voici donc un poème qui mixe les deux et que j’appellerai en toute logique un « tautolipogramme », celui-ci ayant en plus la particularité de contenir des rimes.



Mardi, montrant mon minois matutinal,
Mon miroir mural, maculant magma, marquait minuit...
Marginal, mon moignon marron muta mal
Ma main mollit, mon mascara mixa, manuscrit

Minant mon moral mistigri, mon micmac matou mis !
Maudit maboul mordu morfla manu militari
Malabar malpoli, moi murmurant "motus, minus !" :
Marmot malappris mâchait mon mamelon mou.

Maint masculin malfrat malaxa mon mol mucus,
Maillon minimal mastiquant mollo mon minou,
Mais moins malin monta mon mohair mirador
Mamours morts, moutons moribonds, malfaisants matadors !

Malandrin maladroit mimant mastard mondial
Mon mac Max mit mordicus massifs mammouths :
Modifia manants, mania millions, mina mazout,
Moissonnant moisi, massacrant milliards, miaulant mistrals !

Max-imal mordit moult macadams mandchous,
Misant mah-jongs, mignons mikados, moulant maman,
Mais mondain mandarin migra monobloc, matraquant
Mon mur mastoc. Motif : mata mari, mon mauvais manitou…


PS : ci-dessous le classement du concours de dingbats...

DINGBATS RESULTS

Voici le tableau de résultats des participants de talent, avec en peloton de tête très net la facétieuse Bérénice avec 24 (!) bonnes réponses, suivie de près par le croquemitaine (euh…pardon je voulais dire « croquis-m’étonne ») Dark 2 (19) et de la non moins émérite Diane (8)… L’expression exacte à laquelle je pensais c’est « faire le tour de la question » mais bon dans ma grande magnanimité je vous l’accorde ;-)

Spécial place d’honneur à Zecoco qui, non content de plancher à fond sur le Livre Noir II, trouve encore le temps d’inventer des expressions..
moi je dis : !!!

dimanche 15 octobre 2006

Autant n’en emporte pas le vent…

Un seul souffle suffirait-il à essaimer tout ça ?

Chers blogpotes,

Après de longues séances de triturage de cerveau pour écrire mes textes à contraintes et rébus de tout poil, je ressens le besoin de reposer quelque peu mes méninges endolories. Connaissez-vous ce jeu qui consiste à taper dans Google un mot au hasard suivi de « c’est » puis à recopier les résultats cohérents qui s'affichent, en prenant les plus intéressants ? Voilà ce que ça donne avec « le pissenlit». Je me suis limitée à 10 résultats, en changeant l’ordre au feeling mais ça donne un texte rigolo…on peut essayer aussi avec son prénom. La photo, c’est dans un jardin, à Flacey (21).

Le pissenlit…

c'est pissant !
c’est le cauchemar des amateurs de pelouses bien vertes
c'est la chaleur de genièvres, de capucines, d'églantines, de marguerites, de pivoines
c'est l'astre et la bougie
c'est la plante qui guérit l'énurésie
c'est aussi le dent-de-lion (rapport à la forme des feuilles)
c’est la vie, les hommes qui l’oublient, c’est la racine du mal
c'est ma fleur préférée, on dirait un petit soleil
c'est comme un bonbon !
c'est le symbole de Larousse, mais avant que les graines essaiment...

mardi 10 octobre 2006


Saviez-vous qu’en typographie il existe des mots complètement biscornus ? Car, si le couillard est un ornement que l'on met à la fin des chapitres, la colombelle ou gouttière est l'espace séparant deux colonnes de texte. Le colophon colle au fond, puisqu’il désigne la note finale d'un manuscrit ou d'un imprimé contenant les références de copie ou d'impression.

L'esperluette est le logogramme &, et l'arrobe, ou arobase @, proviendrait de l'arroba, unité de mesure de poids et de capacité autrefois en usage en Espagne et au Portugal et qui était désignée par le même symbole. D'après une autre étymologie populaire, arobase proviendrait de la contraction du terme typographique « a rond bas » (bas pour bas-de-casse, caractère minuscule). En anglais, cela pourrait être une contraction de arrow back, par analogie avec une flèche empennée s'éloignant du tireur.

DINGBAT

Le dingbat est une police qui au lieu d'avoir des lettres a des motifs ou ornements. Il sert le plus souvent de séparateur. Le mot proviendrait d’une onomatopée forgée de l’anglais : l’espace autour du texte ou du motif serait rempli en faisant tinter (« dinging ») l’ornement dans la page puis en battant (« bating ») ferme pour le préparer à l’encrage. Dingbat veut aussi dire imbécile en anglais, peut-être l’équivalent de notre «toc-toc» ou «toqué» pour reprendre une onomatopée à nous…

Mais le dingbat est aussi un jeu de mots d'origine anglaise, inventé en 1987 par Paul Sellers, journaliste anglais et auteur de bandes dessinées. La caractéristique du dingbat est qu'il ne fait appel à aucune connaissance particulière, mais uniquement à l'astuce. Entre rébus et définition de mots croisés, il peut consister en une sorte de traduction graphique d’expressions toutes faites. Ex.: PLAplatsTS = mettre les petits plats dans les grands.

Selon ce principe, saurez-vous retrouver ceux-ci, dont une bonne moitié sont issus de mon imagination délirante ?

Sources : Wikipedia





lundi 2 octobre 2006

Sonnet à cordes

  • A l’heure où je te parle, j’entends un violon
  • Dont l’archet semble crisser sur mes os en poussière
  • Une poudre de notes sourdes qui sans aucune raison
  • Incinère ainsi mes nerfs comme une craie sur du verre
  • Allongée sur un sommier jonché de harpes noires,
  • Leurs cordes vibrent en moi d’une douleur suprême :
  • Laisse-moi je t’en prie d’un seul coup âpre boire
  • Cette pluie d’éternité que j’emporte en emblème !
  • Car ce blason de fer, emmêlant trèfles et sang
  • Est un bien piètre écu contre qui m’assassine :
  • Un vampire, ma corde sensible qui lacère mes chairs
  • Un vent pire m’accorde sans cible, qui lasse, erre, et m’est cher
  • Vibrato barbelé, je t’écoute et te sens :
  • Tu étoiles mon corps de constellations sanguines.

dimanche 24 septembre 2006

Prose fromagère

Je me sens mimolette aujourd'hui…un peu comme passée à la raclette. J’ai l’impression que je ne vaux pas mieux qu'une vieille croûte moisie, devant ce seul fait accompli : je vieillis, et le temps m'est comté...Je suis si fatiguée, c’est l’époisses ; et, mental à plat, je me morfonds comme un morbier sur son lit de paille, et ma bataille de reblochon se soldera d’un somme. Je rêverai encore de cet homme qui, beau, fort, a su égayer mon automne : Eh dame ! c'est qu'il était tel un roc fort, un étal sur lequel je pouvais me reposer. Mais goût d'aventure, quant à lui, il en faisait ses affaires de cœur, oh quels caprices odieux ! M'aimait-t-il ? C'est un munster, une énigme aux trous béants de gruyère : je n'en ferais pas tant de tommes ni tout un fromage s’il ne m’obsédait pas tant. Qu’il me dise « cheese ! » et je souris, ou « camembert ! » et je me tais. Je faisselle qui obéis, sans qu’il débourse un effort. Masse d’âme à penser, masse d’amour à donner, j’ai la patte molle, et suis un bas-bleu : pâte cuite entre ses mains, comme je rêve qu’il me pasteurise, me pétrisse, m’en fourme ! Mais ce songe de cheddar ne saurait se déguster que fondu, et si fondue je suis, c’est à corps et à brie ! Or je me fais du sang caillé pour celui qui me fêta, un soir seulement, moulée à son corps je me revois fermentée de soupirs fondants et d’effluves rances de cave…à présent mon cœur est de brique et mes larmes coulommiers.

dimanche 17 septembre 2006

Bonjour à tous,

Voilà près de 3 mois que je n'ai pas remis les "doigts" ici, 3 mois que je suis en panne sèche d'inspiration. Ce que j'écris est nul, convenu, sans saveur. Alors j'attends, j'attends que ça me revienne...il faut dire que j'ai un peu lâché le clavier pour retourner un peu à la vraie vie, bassement terrestre, qui me retient de ses chaînes en brimant ma capacité de créer. Alors je n'ai pas visité vos blogs, ou très peu, non pas par manque d'envie car j'y pense souvent, mais par flemme, par lassitude. Ce passage à vide, j'espère qu'il ne durera pas, et que je retrouverai le goût de l'écriture ludique, du vers tortueux, de la rime assassine.

J'étais d'ailleurs flattée d'être "googlelisée", en tapant mon nom, un poème que j'avais mis sur mon blog a été publié sur le site de Fatrazie : http://www.fatrazie.com/autresholorimes.htm Pour ceux qui ne connaissaient pas encore mon patronyme, voilà qui est fait:-) Je n'ai d'ailleurs pas été informée de cette publication, mais ça ne fait rien. Ca fait toujours plaisir.

Une nouvelle page se tourne dans ma vie et c'est la raison pour laquelle je risque de ne pas souvent prendre le temps de revenir. Mais j'essaierai de vous donner ici quelques poèmes ou dessins en pâture...pour qu'au moins ce blog vive chichement mais survive. Si vous avez des idées de contraintes littéraires, des suggestions, des défis à relever...ça pourra peut-être me motiver ? En ce moment je suis très "coeur de pierres"...alors je ne suis pas tout à fait venue pour rien. Voici un poème un peu facile, un peu cousu de fil blanc...mais c'est tout ce que j'ai pu cracher pour l'instant...

Gemmes

Gemme l'émeraude, ce serpent en maraude
Il fait pâlir d'envie : le péridot s'érode

Gemme ce cristal, qui sous ses airs d'opale
Transcende les mystères de fantômes au teint pâle

Gemme la belle améthyste, véritable élitiste
Dont la couleur mystique ravit le symboliste

Sur l'ongle d'un rubis au reflet cramoisi
Le grenat s'évanouit en goutte de sang tari

Devient résine d'ambre, et se câbre, et se cambre
Agrume ocre incrusté de zestes de citrine

Le quartz rutile et la nacre s'irise, si fine,
Au vent leur feu s'échappe, vibrant comme des membres ;

Lorsque perle et onyx rivalisent dans le noir
C'est une nuit de saphir sur fond d'étoiles à voir,

Mais si bien malachite ne profite jamais
Et que la pierre qui roule n'amasse pas la mousse

L'argent lunaire imprime sur ma triste frimousse
La marque de l'hiver : c'est un diamant glacé.

Statue de sel quand l'érosion l'agate,
Je suis ce zircon froid dont les couleurs s'effacent

Le lapis de mes yeux est un lac sur ma face :
Mort, l'éclat turquoise d'une oeillade délicate

Qui sculptait autrefois ton corps laiteux de jade
Tu étais mon frisson, mon topaze, mon corail

Mais notre amour fossile a péri, camarade :
Car j'ai enfoui tes "j'aime" au fond de mes entrailles.

mercredi 21 juin 2006

Merci à Moukmouk pour son idée lumineuse :)

Ses jeux de mots ornithologiques ne pouvaient que m’enchanter !

Voici donc ma contribution à son coucours d'oiseaux improbables

Le panaris jaune

A Paname ou Paris mon appât n’a pas ri
A Paris ou Paname mon rire n’a pas d’âme

Ton macadam a pourri et mon ongle s’enflamme
Sur ton bitume noir je reprends les paris

Car un canari jaune a poussé sur mon pouce
C’est une canne à pus et j’ai le doigt qui mousse !

Paris j’ai pour toi l’infection d’un ami
Je ris jaune panaris car ce jus qui m’a pris

A l’effet du napalm et la couleur du riz
Amidon de l’effroi, ami dont je pâtis

De mal en pis, de mal en pas, de mal en pus,
Mal m’en a pris, mon doigt pané a disparu

A Paname ou Paris mon appât n’a pas d’âme
A Paris ou Paname ô que mon pus se pâme !

mercredi 31 mai 2006

LE LASER
LA LACERE...
LASSE, ELLE ERRE
MAIS CETTE SERRE
NECESSAIRE : CA LA SERT
C'EST UNE PRISON DE VERRE



L'Envol, d'après cette pub :



jeudi 18 mai 2006


Encore une fable ! LA POULE ET LE POULET

Sur un grand lit une catin
Se prélassait d'un air taquin

Elle repoussait un type vicieux :
Jamais elle n'avait fait si vieux !
"- Arrête de me reluquer !
"- Et toi cesse donc de reculer !"
Elle aurait voulu tout bâcler
L'animal était bien câblé
Trompée par ses deux yeux pochés
L'autre l'avait bien chopée
Sitôt repérée, sitôt coffrée !
Elle n'avait plus qu'à le froquer
"Ca t'apprendra à trop zoner..."
Fit le vieux flic. "T'as la nausée ?
Viens donc, approche ma pétasse,
Et montre moi toutes tes passes
Je veux toucher tous ronds tes flancs
Et ta chair blanche comme le flétan
Ton abdomen couleur baleine
Que j't'en mettrai toute la benne
Tes ongles pointus, tes dents de requin
De loin, deux seins, yeux, mains, queue, reins !"
Voyant d'elle s'approcher le touffu
Elle se croyait déjà foutue
Car c'était un monstre poilu
Quel vieux poulet ! Que la loi pue !
"Sale maquereau faut pas ramer,
Car c'est plus l'heure de la marée,
Tu croyais avoir un ticket ?
C'est le bon sens qui t'a quitté !
Mets toi au cul tes pieux aveux,
Tes vieux poèmes ils sont vaseux !"

POST SCRIPTUM : il est parfois instructif de se balader sur Google et de faire une recherche sur son propre blog...J'ai ainsi découvert un blog anglophone dans lequel son auteur a traduit un de mes textes en anglais à l'aide, je crois, d'un traducteur automatique !!! Je ne savais pas que mes délires verbaux pouvaient s'étendre à l'international ;-) Cest là, mais ce blog a l'air en stand-by : http://odalisquednogoodend.blogspot.com/2005_09_01_odalisquednogoodend_archive.html

lundi 8 mai 2006


LASSE DE TREFLES...

Et je pèse mes mots ! Pendant mes vacances, je suis tombée sur un jardin exceptionnel : j'y ai déniché 42 trèfles à 4 feuilles et pas mois de 10 à 5 feuilles: obsédée, je voyais des trèfles partout ! Sur les bisounours, les serrures, les vitraux, les dalles, etc. Enfin, une telle concentration de trèfles à 4 et 5 feuilles au même endroit m'a donné à penser que finalement ils n'étaient pas si rares que ça, et que j'étais blasée. De dépit, j'en ai dessiné un blason (prochain post). Puis j'ai gribouillé un petit truc, que j'ai intitulé "bague à part". Enfin, j'ai écrit un poème pour célébrer mon nouvel emblème. Obsédée, je vous dis !

Le trèfle au trépan

L'hiver mou, sorte de saison très flappie
Est ce long sommeil que m'inflige le dépit

Mon visage automnal s'éfeuille, est très flétri
Par des années d'été et de sève meurtrie

Désormais mon miroir a le tain très flippant
Et reflète un teint blanc où le massacre y pend

C'est une tige craquelée qui n'est plus très florale
D'où le printemps a fui emportant mes pétales

Alors j'exhale un souffle devenu très fluet
L'envers d'une carte noire : je suis ce valet muet

Qui de ses flancs foutus aux abords très floutés
S'affale au fil d'un vent au parfum frelaté.

dimanche 16 avril 2006

En ce moment je suis assez prolifique en écriture, et c'est en découvrant les dessins d'Emilie Decrock, dessinatrice et coloriste talentueuse, que m'est venue l'idée de ce poème. En particulier, la rubrique "Projet Jeanne" de son blog m'a particulièrement plu (même si je dois dire que tout le travail d'Emilie est beau, plein de recherche, de symboles, de détail cachés...)
Bref, son univers vaut le détour (cf. dans mes liens) et pour le dessin qui m'a inspirée, c'est ici :


LE REVE DE JEANNE

Blottie au bord de son rêve - c’est son privilège -,
Jeanne déguste un croissant de lune et soupire :
« Si seulement je pouvais monter sur ma neige !
Ce carrousel qui tourne avec son dôme de cire,

Traînées de trots, galops de poudre : je serais un flocon
Dans l’écrin de la croupe d’un cheval de toits,
Caracolant dans la nuit au flanc des maisons,
Musicienne à ma zone, portée de sabots, moi,

Ma clé de sol, c’est aussi un nuage tendre
Et mon oreiller blanc, il peut toujours attendre !
Il n’écoute jamais mes peines, mes peurs, mes pleurs,
Et mes draps sont trop froids pour réchauffer mon cœur
».

Quelle belle perspective que d’être cavalière
Quand on n’a que son lit pour tout cheval d’arçon !
Mais, dans l’obscurité, Jeanne ricane à son
Chevet : car c’est un poulain dont les pieds n’ont pas de fers…

Chrixcel

dimanche 9 avril 2006

dimanche 2 avril 2006

WAULSORT, Belgique


Waulsort, c'est le nom du bled où nous nous sommes réunis le week-end dernier pour l'enterrement de vie de garçon de notre pote Vincent. Comme on peut le constater, le week-end fut coloré malgré le temps incertain et la bonne volonté de chacun nous a donné des déguisements plus ou mois "maison". Voici une modeste sélection (car il y avait bien d'autres personnages mais impossible de les mettre tous !) : un Batman qui n'avait pas tout à fait les yeux en face des trous, un Superman et une Superwoman fort bien assortis, une Madame Claude très pince-sans rire, un cloclo (le futur marié) et quelques greluches s'efforçant d'imiter les Clodettes pour agrémenter le tout. A votre avis, où suis-je ?

lundi 27 mars 2006


J’avais promis au priM@tt que j’ajouterais une corde à son Arche : un spécial mots-fléchés animaux. Le voilà !!!!! Assorti de la version "Chrixcel" fait à partir du site de Southpark.

CLIQUEZ POUR VOIR EN PLUS GRAND ET A VOS CRAYONS !
ATTENTION, C'EST UN CHTI PEU DIFFICILE ;-)


Et hop, pour se détendre, en prime un petit lien sympa d'un videoblog amateur : http://www.dailymotion.com/

mardi 21 mars 2006

COME BACK EN VRAC


Le déménanniversaire du 12 mars dernier s’est bien passé, heureusement nous étions une bonne douzaine. Nous disposions d'un camion de 20 m3 (conduit par un Coco fabuleux de flegme et de professionnalisme - qui eût cru Coco à l'aise en poids lourd ?)...un seul voyage pour transporter tout le barda (ouf !) nous a suffi. Une bonne dose d'activité corporelle, 30 bougies (es)soufflées pour l'occasion sur un excellent gateau au chocolat fait par Momo, et un peu de sport cérébral (montage de meubles IKEA oblige) ne m’ont pas empêchée de m’apercevoir en cours de route que j’étais en train de clouer le fond de mon meuble à chaussures à l’envers ! C’est le champagne, M’dame, c’est le champagne…le sens caché du fond cloué à l’envers, une façon de se dire : « je ne le touche pas encore » (le fond…).

Bref, il nous reste encore quelques cartons à mettre à la cave mais, après des soirées passées à trier la paperasse envahissante, l’essentiel du boulot est derrière nous. La question est de savoir si je pourrai un jour atteindre cet idéal de vie qui consiste à ne vivre avec rien, c'est à dire à me suffire à moi-même, à me contenter de quelques nippes, d’un bol de soupe, d’un matelas pourvu d'une latte et demie pour coucher par terre, sans télé, sans ordi, dans l’ascétisme le plus total, et ce afin d'atteindre le nirvana domestique. La réponse est : NON. Arrêter d’acheter, de consommer, de me laisser tenter : définitely NOT. Je suis un pur produit de la société de « con-sommation», phénomène aggravé par le fait que je sois une femme. Si j’assume ? Complètement. Si j’ai honte ? Un peu. Si ça m’empêche de dormir la nuit ? Ben non. Tant pis, on est contente, c’est bien. Déménager, c'est aussi...se ménager !

* * *

P.S. : Deux véritables photos d'animaux provenant du site de CNN pour agrémenter le relevé crypto, envoyées par mon très cher Darling Dear Love qui se reconnaîtra. Admirez cet étrange crustacé, homard hirsute issu des profondeurs abyssales qui vit non loin de l'île de Pâques, et dont le nom scientifique est kiwa hirsuta. Ses pinces, recouvertes de longs poils duveteux blonds, nous font penser à quelque drag queen marin. Et que dire de cet étrange rat-écureil (laonastes aenigmamus), espèce qu'on croyait disparue il y a des millions d'années et qui resurgit quelque part dans une forêt oubliée du Laos ?? Bon, évidemment, ce petit rongeur nocturne est beaucoup moins spectaculaire, mais il fait l'objet de controverses scientifiques quant à sa classification spécifique. Ah, la nature...

mercredi 1 mars 2006

POUR LUNABA'S BOUDOIR
"Chairâmi"



Icebergs, sphères de glace...
Ce frémissement qui dessine sa grimace
En moi regimbe, me crispe, me surprend de sa verve !
Bercée par des flots imaginaires j’embrasse, nue, cet îlot de fièvre
Et la petite mort sabre ma volonté, m’attriste d’une allégresse paradoxale
Rendant toute lutte vaine ; je ne suis plus qu’un flocon agrippé à la nuit. J’avale des
Gerbes d’eau qui gercent mes lèvres bleues ; puis je rougis, je gémis, je jouis, je gis, je gèle
Sous la coupure fatale d’une vague d’émotion infinie : l’amour qui monte en moi et défie l’éternel.


dimanche 26 février 2006

TOUT LE MONDE EMPALE
(Kitapki sur l’invitation de Gilroy)

Il y a tout un monde de la chanson française qui m’insupporte : mercantilisme oblige, la « star’ abracademy », se veut une sorte d’Académie Française populaire transformant comme par magie Monsieur et Madame tout le monde en stars éphémères, étoiles filantes du mauvais goût et du formatage de cerveaux lents.

J’éprouve d’ordinaire une certaine indifférence pour cet univers, mais parfois j’ai des relents de dégoût quand j’aperçois, au détour d’un kiosque à journaux, l’une de ces tronches ultra-maquillées, couvertures sur papier glacé qui réussissent à peine à masquer l’ordinaire et la vulgarité de ces faces qui s'effacent, heureusement, avec le temps, mais qui sont remplacées par d'autres, qui leur ressemblent, avec la logique implacable d'un mécanisme rodé et bien huilé. On ne change pas un business qui marche.

J’aurai pu ainsi trancher le cou de toutes celles que j’appelle « les brailleuses » ou les étrangler avec leurs propres cordes vocales, mais j’ai préféré la bonne vieille méthode, et je les ai empalées non sans une certaine satisfaction. Ici sur leur pal sanguinolent rien moins que Lââne, « Peter » Diam’s et Lara Fabule, mais j’aurais eu plaisir également à épingler Mollewen, Céline Fuyons, Emma Daubasse, une Hélène qui S’égara dans les comédies musicales à deux balles ou encore Lorible...

Vous les avez reconnues, eh oui, elles sont redoutables, certaines ont comme point commun une voix faite de trémolos de gueulantes et d’autres beuglent sans savoir même ce qu’est une note de musique. Elles ont des piercings pour faire re-belle, ont toutes posé à poil ou presque, ont toutes les mêmes sourcils dessinés à la décalcomanie ou des brushings meringués. Les voici donc, telles qu'en elles-mêmes.



P.S. : Je précise à tout fan de ces greluches qui passerait par ici que, même si en ce moment le type d’expression qui consiste à caricaturer les idoles est quelque peu controversé, cela n’engage que ma propre responsabilité et reste avant tout la manifestation de la liberté d’expression, droit fondamental. Toute ressemblance avec des personnages de la télé réalité serait purement fortuite.