samedi 10 septembre 2005

LA GRENOUILLE ET LE PARAPLUIE


Une grenouille vit un parapluie
Qui lui apparut de bel habit.
Elle, qui était fagotée comme une baleine,
Envieuse, se redressa, se rafraîchit l’haleine,
O Pour égaler l’ombrelle en beauté, O
Disant : « Regardez bien, bel emmanché;
Est-ce assez ? dites-moi ; ne suis-je point bandante ?
- Nenni. - M' y voici donc ? - Point du tout. - M' y voilà ?
- Vous n'en approchez point. » La plaintive pédante
S'enfla si bien qu'elle creva.

Le monde est plein de filles qui ne sont pas plus bonnes :
Toute greluche veut séduire comme les madones,
Toute petite cruche a des rêves de dimanche,
Toute (gre)nouille veut des manches.

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D’après Jean de La Fontaine (1621-1695), Fables (livre I,3) : La grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf.

9 commentaires:

blang a dit…

Je croâaa que c'est du bel ouvrage.
Attention néanmoins au commentaire de Bleizdu pour le dernier verre heu... vers!

Chrixcel a dit…

Bah, tu connais la délicatesse de bleizdu, parfois il s'y prend comme un manche...quand au dernier verre...ah ah kro-a, kro-a tu es bien au fait de ces choses-là, je vois...

diane a dit…

:) Encore un petit poème maison ?

Chrixcel a dit…

Hé hé pas tout à fait maison car fortement inspiré de La Fontaine quand même. Par contre, le calligramme à tête de grenouille, c'était pas exprès au départ ! C'est quand j'ai mis le texte centré que je me suis aperçue de cet extraordinaire hasard. Trop fort, non ?

Oken a dit…

une chauve souris aimait un parapluie
un grand parapluie noir
qui l'a emporté
tout au bout de la terre
dans un wagon doré...
ha nan j'mélange tout
ha
nan
je
mé-lange
tout

Chrixcel a dit…

Oken, je ne résiste pas à l'envie de reproduire le texte exact de cette chanson magnifique :

Une chauve-souris
Aimait un parapluie
Un grand parapluie noir
Découpé dans la nuit
Par goût du désespoir
Car tout glissait sur lui
Une chauve-souris
Aimait un parapluie

Elle marchait au radar
Le sommeil l'avait fuie
Elle voulait se mettre à boire
Se jeter au fond d'un puits
Une chauve-souris
Aimait un parapluie
Un grand parapluie noir
Découpé dans la nuit

Sans jamais s'émouvoir
Pour cette chauve-souris
Le grand parapluie noir
Sortait de son étui
Il prenait sous son aile
Soin d'une belle (de) nuit ?
Qui boulevard saint Marcel
Le nourrissait de pluie

Puis le grand accessoire
Se mit à voyager
Dans son bel habit noir
Son habit noir de jais
Après les palabres
Pour faire un peu d'osier
Un avaleur de sabres
Le mit dans son gosier

A un acrobate
Servit de balancier
Un vendeur de cravates
Le prit comme associé
Puis il se déplia
Car il pleuvait sur Nantes

Une chauve-souris
Demoiselle de la nuit
Une chauve-souris
Aimait un parapluie
Elle vint chercher l'oubli
Au fond d'un vieux manoir
Où elle mourrait d'ennui
Pendant que le parapluie
Menait au Père Lachaise
Un vie de bâton de chaise

Un jour de mauvais temps
Un jour de mauvais temps
Un brusque coup de vent
Lui mit les pieds devant
On le laissa pour mort
Dans quelque caniveau
On le laissa pour mort
Avec le bec dans l'eau

En voyant son squelette
Qui faisait sa toilette
Parmi les détritus
Et les denrées foutues
C'est la chance qui me sourit
Hurla la chauve-souris
Je le croyais perdu
Le manche est revenu

Riant comme une baleine
Pleurant comme une madeleine
Une chauve-souris
Aimait un parapluie
Ils allèrent se dire oui
Dans le grenier de la mairie
Une chauve-souris
Aimait un parapluie


Texte et musique de Thomas Fersen

cheubloh a dit…

La vérité sort toujours de la bouche des grenouilles....

kermite a dit…

je reconnais cette superbe grenouille et la petite poésie du parapliue est charmente et tellement vrai. très beau dessin et textes bien pixant, je te reconnais bien là! au plaisir de le lire plus en détail....

Chrixcel a dit…

Bien vu Bloche, mais je croyais plutôt que la vérité sortait de la bouche des zombis môôôa :)

Kermite, quel plaisir de te voir par ici, mais dis-moi, je ne connaissais pas ce terme "bien pixant", c'est encore un truc de Belges, ça ?