mardi 5 décembre 2006

EPITAPHE POUR HELOÏSE & ABELARD

Abélard, chanoine de Notre-Dame de Paris, était âgé de 37 ans quand il rencontra Héloïse, de 17 ans sa cadette. Il était déjà un théologien réputé et le chanoine Fulbert l'avait choisi comme précepteur pour sa nièce, elle-même particulièrement douée pour les études et l'écriture. Leur amour fut des plus tragiques : contraint par l'oncle d'Héloïse à épouser son amante après qu’elle fut tombée enceinte, Abélard fut ensuite émasculé par les sbires de l’oncle. Ils furent séparés et se retirèrent dans des monastères. Leurs dépouilles furent transférées au Père-Lachaise au 19ème siècle (cf. gravure d’un illustre inconnu - Londres, 1831 - et ma photo ci-dessus, prise en novembre 2002). Les deux amants, morts il y a de cela plus de 800 ans, se sont écrit de très longues et belles lettres d'amour qui font encore aujourd’hui l'objet de nombreuses controverses, le doute planant sur l'authenticité de ces missives. Sur l’invitation d’Eva Lunaba, j’ai composé une épitaphe imaginaire en hommage à cette passion hors du commun. Jouant sur l’homographie (mots qui s’écrivent pareil mais de sens différents) et l’homophonie, j’essaie dans la contrainte d’une dizaine de lignes suggérée par Eva d’y glisser quelques clins d’œil en rapport avec la vie du théologien et de son élève.


Abélard, ô rite aimé, vois comme émérite je m'abbesse à toi
Abaissées d'air, tes lettres éternelles soufflent au couvent de mes feux
Feux qui couvent avec l'ardeur stérile d'un bien triste pieux
Pieu où je gis dans un linceul de lettres de toi tombées là :
La tombe du Père-Lachaise qui nous unit à Paris est un grand livre,
Livre-moi tout entière, ouvre mes pages, bois-les et sois-en ivre
Avant que notre amour érodé à jamais au monde ne se ferme
Serre, cueille ma main gravée sur cette dalle de pierre ferme,
Tombe-moi à perpétuité, fais-moi la concession de ton flanc beau,
Et par-delà la mort dis à ceux qui passent près de notre flambeau
Comment nous fîmes front devant l'autel de nos corps mon cher,
Mon cher amant...il n'y eut rien d'autre qui vaille le détour que ta chair !

12 commentaires:

zecoco a dit…

oula, exercice compliqué, mais tu t'en sors super bien !
Je ne me risquerai même pas à essayer !

Bérénice a dit…

Et moi je n'essaie même pas de m'y risquer! ;)

Lunaba a dit…
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Lunaba a dit…
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Lunaba a dit…

une �pitaphe r�ussie quand le coeur et la passion se lisent :)

NAya a dit…

Un pur et beau romantisme frissonnant.

Chrixcel a dit…

J'ai été très inspirée par ces personnages, les histoires d'amour hors du commun me fascinent;-) merci pour toutes ces marques d'appréciation !

diane a dit…

Splendide comme toujours !
Et une bien belle initiative d'Eva.

cheubloh a dit…

Ouais c'est encore très bien écrit... chapeau ...

Jayric a dit…

Superbe épitaphe pour ce vrai "les oiseaux se cachent..."!!
Bravo !
Dis ! tu m'le feras mon épitaphe ? ;-)

Chrixcel a dit…

Cheub *****I love you******
J : whenever you want !!

Lunaba a dit…

*une missive ail�e bient�t pour vous jolie plume* - Vous avez remport� le concours des amants r�unis pour l'�ternit�...