lundi 20 avril 2009

GEOMETRIE VARIABLE


Cette historiette regorge de termes relatifs à la géométrie spatiale. Mais si certains sont lisibles sans difficulté, 10 d'entre eux sont plutôt bien cachés...A vous de jouer !


La City, quartier d’affaires de la capitale britannique, brille de mille feux ce-jour là. Les vitres aux miroirs troubles semblent répéter à l’infini des nuages d’un blanc laiteux rappelant la peau diaphane des anglaises. Les buildings, écrasants de transparence, offrent des formes anguleuses propices aux plans géométriques. Isobel s’amuse au gré des diagonales à cadrer l’espace dans l’écran de son appareil numérique. Avec ce soleil, nul besoin de monter en ISO, c’est le pied ! L’un des gratte-ciels, semblant s’envoler tel un avion d’acier, trace une ligne verticale vers un point de fuite imaginaire : « Comme sa barre part à l’aile ! » se dit la jeune femme. Les nombreuses solives de métal qui font l’armature de ces montres de verre ne sont pas sans lui rappeler les méridiens et fuseaux qui quadrillent la terre. Elle aperçoit nettement sa silhouette se reflétant dans les carreaux, et fait des signes aux costards-cravate qui passent, lesquels lui répondent d’un clin d’œil. Elle aux anges claironne :

«Quel beau temps gentlemen, souriez, vous-êtes filmés !»

Un petit rappel ironique à toute la clique de caméras qui pullulent dans les rues de Londres.


Mais, déconcentrée par ses propres délires narcissiques, en reculant dans un tournant elle ne voit pas une trappe, pèse trop tard les conséquences de son imprudence, car son appareil photo tombe et se casse avec éclat…«- Hey ! mon Pentax !Gone… » lui répond direct en glaviotant un vieillard décati, l’œil égrillard. Il lui tend avec empressement une poigne secourable pour la sortir de son trou non sans lorgner ses courbes…Isobel voit bien le genre : ce pervers pépère pend dix culs l’air de rien en posters sur les murs de sa carrée…Il tente d’ailleurs de lui coller la main au fessier. Elle hurle. Un bobby ne tarde pas à se radiner pour mater le pépé qui est cuit, latté, râle et trépasse.



La morale de cette histoire c’est qu’il ne faut jamais sous-estimer un angle mort, et encore moins un anglais mort !

Photos : La City de Londres, mars 2009.

lundi 13 avril 2009

TATTOO

Tatoue-moi donc les tétons puisque de moi t’as tout
Petit à petit mes atouts tuent tes traits têtus
En digitales arabesques à tes doigts étendus
Tu tâtes où ça fait mal, tous tes tattoos à mon cou !


Quel mot se cache dans ces volutes ?

Ecrites au bic mes lettres taboues sur toi s’impriment
De ta peau titilleront bientôt la carapace
Devenu tendre tatou à ton tour tu m’enlaces
Etre-totem, je tressaute à tes piques, est-ce un crime ?

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Petits clins d'oeil à
Cali et Anbleizdu qui m'ont soufflé l'idée de ce billet.

Je pars une petite semaine et ne pourrai visiter vos blogs, mais je me rattraperai à mon retour;)
Je vous souhaite à tous un bon week-end Pascal !

lundi 6 avril 2009

Un père hâtif...en CAPITALES !

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Les noms de 15 villes se dissimulent dans cette épopée emplumée…saurez-vous les retrouver ?


C'est l'histoire d'un coq qui adorait parcourir le monde. Volage, il voguait de ferme en ferme dans le monde entier. Avec une poule à chaque port, il voyageait sans chapon et, comme tout grand séducteur, il ne faisait pas d'omelettes sans casser d'œufs ! Il disait à sa cocotte : "ponds dix chéris !", et le lendemain il s’envolait vers un autre trip au lit...L'hiver, lorsque son nid n'était pas assez chaud, il avait recours à des marchands de chaleur, et à coups de "vends, couveur !", il leur volait dans les plumes pour se faire des couettes à pas cher. Prolifique, il semait des petits partout et gardait un œil jaloux sur ses ouailles, auxquelles il piaillait moult conseils. Ainsi, à une biblique poulette un peu trop replète, il conseillait : "jeûne, Eve, et stoppe donc les frites !" A un poussin nippon un peu trop timide, il sifflait : "ose, Aka !" - A son fils rocker anglais qui ne s'éclatait qu'en messes noires, il hurlait : "nique, Ozzie !".

Il ne partait d'une ville que lorsqu'il sentait se sentait grillé...mais comme tout oiseau, il n’était pas toujours très vif. Un jour, voyant que sa progéniture était baguée, il demanda pourquoi il n'avait pas été invité à la noce...mais lorsqu'il entendit le jeune farmer anglais dire à son père "bague, Dad !", il comprit tout et fut très triste. Déprimé, il s'échappa lorsque sa poule aux yeux d'or chinoise lui souffla : "Adieu poulet, quitte tôt cet endroit ye t'en priiie !". « OK, mais occupe-toi bien des mouflets et n’oublie pas, borde Hô et embrasse-le bien fort de la part de son papa !». Le coq en colère reprit toutefois rapidement la plume de la bête. Il partit sans crier gare à Scotland Yard pour y consulter son ami, un célèbre détective, et dénoncer le meurtre en série de ses poussins.

Il lui conta toute l'histoire, mais il y avait tellement de détails et tellement de prénoms que le fin limier lui faisait répéter plusieurs fois. Le détective notait fébrilement tout dans ses carnets, tandis que le gallinacé scandait à intervalles réguliers comme un perroquet : "Stocke, Holmes !, stocke, Holmes !". Et le Sherlock stockait, et le Sherlock stockait, des trucs qui collent au coq encore et encore…Mais, parti dans une logorrhée difficile à juguler, l’emplumé s'exclama : "Je commence à en avoir la nausée de tout ce massacre, j’en peux plus !" Sherlock lui répondit avec un fort accent "coq-né" : "Dans ce cas, tais et wends !" - "Non", répondit l'oiseau, "je ne me tairai pas. Il faut faire la lumière sur cette affaire, c'est pourquoi j'irai où campe Allah" – « May à quoi te sewvirait un pèlewinage là, mec ? » Le coq, buté, ne répondit pas. "Ok, vas-y, monte et vis des hauts…et des bas ! Je te pwéviens, tu wisques de laisser des ploumes dans ce bad twip", fit le détective. « Tiens, pwends le guaïde du Poulard, et avant de pawtir, lis-le please !». - « Merci, je te revaudrai ça, fit son pote ». Sur ce, l’oiseau fit une volte face qui fut aussitôt stoppée par Sherlock : "Hey ! May ne te taille, paye ton coupe au moins !". Ils allèrent donc s’en jeter un au bar en face de chez Coq & Colas. Ce faisant, ils aperçurent Nick Park du haut de la terrasse et lui firent un signe amical : « Monte, réal ! ». Mais le réalisateur, à l’instar de sa création, s’enfuit à grand vitesse…

enseigne, Paris 18ème

lundi 30 mars 2009

CANAL FLUX


OURQ CANAL

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Je me crois bien mise mais je suis floue et pas au point,
Point de vue imprenable du haut d'un grand toit clair
Toi sur ma tête, le soleil couchant darde ses pics de verre
Vers mes yeux : le canal lacrymal s'écoule et je ne vois rien !


GLASS STARS
°°°

Je voudrais découvrir dans ce trou de lumière l'essence :
Les sens de tes rêves et l'onde de tes secrets ;
Se créent des liens au fil de tous ces signes muets
Mués en débris épars troublant ma paix intense...

PEACE SYMBOL
°°°
Il y a un temps pour tout dit-on, à trouver nos élans
Poncifs de la raison quand le coeur dit autre chose
Chose espérée : que tu m'ouvres cette porte close,
Sous ce vent de poussière, Pantin qui tue mes tympans !



BROKEN
HEART
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Pans teints de tags, murs, je me perds dans vos veines
Vaines réponses si j'écoute le cri de vos silences
Si lentes soient mes pensées, à rouiller elles s'enchainent
Sans chaine pour les retenir à ma voix qui s'élance...

RAILWAY SUNSET

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lundi 23 mars 2009

HIGHGATE

Cela faisait longtemps que je voulais visiter le cimetière de Highgate. J'ai eu l'occasion lors de mon récent week-end à Londres d'y passer une délicieuse matinée. Ce cimetière fut créé en 1839 (partie Ouest) et étendu en 1854 (partie Est). Coïncidence, c'est à cette même date que fut ouvert le cimetière de l'Est de Paris que nous connaissons sous le nom de Père-Lachaise. Mais, si la visite de notre célèbre nécropole n'est ni payante ni soumise à conditions, j'ai été un peu déçue de ne pouvoir visiter que la partie est et de devoir m'acquitter d'un droit d'entrée...cela s'explique par le fait que le cimetière est privé et ne "survit" que grâce à des subventions et une association qui veille bénévolement à son entretien. La section la plus ancienne et probablement la plus intéressante n'ouvrait que l'après-midi. Elle est en effet fermée en dehors des heures de visite à cause des agissements de fanatiques profanateurs. Cela ne m'a cependant pas empêchée de rester 3 bonnes heures dans ce jardin oublié où pas âme ne passe. Ce cimetière fut le théâtre de nombreux événements paranormaux au XIXème siècle. Il inspira notamment Bram Stoker pour l'écriture de Dracula après l'exhumation du corps de la jeune poétesse Elizabeth Sidal, qui fut l'épouse du peintre préraphaélite Dante Gabriel Rossetti...les vampires reprirent ensuite du service en 1970...mais personnellement, je n'en ai croisé aucun !
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Alors, que fait-on pendant 3 heures dans un cimetière ?

C'était un havre ensoleillé ce jour-là. En dehors des sentiers goudronnés, je fus d'abord frappée par la folie d'herbes sauvages et de ronces qui se faufilait au travers d'une forêt de stèles ébréchées aux croix entrelacées de racines tortueuses. Des écureuils sautillaient sur les chemins encore boueux d'une pluie récente, et je m'efforçais de les suivre en évitant les flaques. Mais ils étaient bien trop rapides, les épines se piquaient dans ma peau et m'empêchaient de courir. J'avançais donc lentement entre les buissons et les tombes, tout en ouvrant de grands yeux, à l'affût du moindre détail à prendre en photo. Les statues d'anges, dont l'expression changeait au gré des nuages qui filtraient la lumière, semblaient sourire à mon approche. J'étais bien. Je goutais la paix, comme en écho à cette croix de pierre où les mots "Peace, perfect peace" étaient gravés.
*

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A Highgate, la végétation est parfois si dense qu'on ne peut faire autrement que de marcher sur les dalles, sur la pointe des pieds, comme pour ne pas réveiller les morts. Des bancs de bois attendent à la croisée des chemins qu'un promeneur vienne se caler au creux de leurs accoudoirs. C'est sur l'un de ces bancs que je fis une série d'autoportraits; je m'amusais avec la lumière du soleil qui frappait de plein fouet mon visage un peu trop blanc.

L'endroit se prêtait à une douce rêverie romantique. J'y rencontrais des yeux d'écorce qui semblaient m'inviter à lire les épitaphes anciens.

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Le temps d'une pause, j'aurais pu m'adonner au fameux tea time anglais, mais il était trop tôt pour cela, et je ne trouvai pas de tasse dans les enchevêtrements de lierre jonchant le sol. A 1 o'clock, j'étais imprégnée du lieu, j'avais respiré de l'air pur, et j'avais offert mon visage à la caresse du soleil. C'était suffisant, et pourtant je m'arrachai à cette terre avec quelque regret. Je savais que je reviendrai ici pour visiter la partie secrète lors d'un prochain passage à Londres. Ces prémices m'avaient ouvert la voie d'un ailleurs mystérieux...à creuser !

mardi 10 mars 2009

DES ACROSTICHES...POUR LES ARTISTES QUI M'INSPIRENT !

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Pour FKDL


Session collages "Rue STICK" rue du Roi de Sicile le 1er mars 2009 à l'initiative de Skio


Fariboles de papier en petites coupures
Régalant de couleurs les crépis de nos murs
Avec des arabesques qui chassent le cafard :
Nos bribes d'existence semblent y trouver l'espoir
Comme des fantômes noirs, éphémères insomniaques
Kaléidoscopiques, ils clinquent et puis claquent !
-
Dansez donc, figures de fête, que l'on décolle !
Un pas vers le ciel et un autre dans la rue
Voici venu le temps des belles farandoles
Amour, échanges et liberté sont ces mots qui tuent
L' indifférence urbaine et les misères humaines.

Le blog de Franck

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Pour RUE MEURT D'ART
Visite de l'atelier de Jean-Marc Paumier début 2009


Louise Brooks, cité Prost, Paris (crédit photo : Gérard Lavalette, merci à lui)



Rue, tu t'émeus quand mes émois se meurent :
Une âme sensible et nue se mue en un murmure
Et d'un mouvement magique à méditer, le mur

Me raconte un poème de mots en mi majeur.
En mes mirettes alertes s'essaiment tes messages,
Une rumeur m'aligne en une tumeur maligne :
Rhume semant des perles d'art à mon cou que j'incline
Très haut pour y revoir s'imprimer tes visages.

D'une main je salue ces mômes de papier
A effets de fée, je musarde et m'amuse, car
Rutilant joyeusement sous mes fémurs défaits
Ton macadam est libre et joue ses avatars.

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Pour Guilhem et son JADIKAN LIGHTNING PROJECT

Session light graff dans une ancienne boîte de nuit avec le PGC

(aux lumières : Cxl, Tat, Thias et Guilhem - crédit photo Guilhem)


Graphes de lumières, de lasers en loupiotes
Une symphonie de tons pour éclairer tes notes
Illusions, lettres de feu dont l'écho nous étonne !
La nuit se fait l'écrin de tes spectres dansants
Habillés des étoiles que tes diodes fredonnent
En calligrammes de feu surgissant dans le noir :
Magie blanche mystérieuse parfois née du hasard...

Son Flickr

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MERCI A EUX !

mercredi 4 mars 2009

QUAND LA MORT S'AFFICHE

En histoire de l'art, les memento mori ou les natures mortes sous forme de vanités sont un rappel du caractère transitoire des plaisirs de la vie. Ces questions philosophiques se retrouvent à travers les âges et dans l'iconographie contemporaine (publicité, mode et arts), qui décline la tête de mort sous une multitude de formes dans une symbolique commune. Ce qui me fascine c'est l'ingéniosité des artistes illusionnistes qui se jouent du subconscient tout en créant un effet visuel étonnant. Le graveur hongrois Istvan Orosz a donné dans ses illustrations toute la mesure de sa maîtrise du trompe-l'oeil. Dali, Zurbaran, Charles Allan Gilbert et bien d'autres, on travaillé sur des illusions d'optique incluant des crânes (voir ci-dessous).
*

On retrouve de façon récurrente des jaquettes de films d'épouvante basées sur le même principe. L'affiche de Terminator montre un plan aérien d'une ville faite de composants électroniques à l'image des robots qui l'exterminent à petit feu. The Descent est un calque de la photo de Dali dont l'installation savante de corps humains repliés forme un visage. The Ferryman ("le passeur") met en scène un bateau "nasal" sur front de mer brumeux. The Chill ("coup de froid") affiche les hublots orbitaux des portes, tandis que The Cavern reprend l'aspect troglodyte de notre os creux. Sur l'affiche de Shrooms (abréviation de mushrooms = champignons) se profilent une truffe sombre et deux orbites fongiformes en contre jour avec un paysage lunaire. L'affiche de Pathology est une habile mosaïque de négatifs en clair obscur, là où Cabin Fever et Evil Woods jouent sur l'aspect touffu des feuilles et des ombres pour créer un visuel un peu grossier.

(cliquez +)

Ces affiches ont beau jouer de leur petit effet trompe-l'oeil pour appâter le premier clampin au rayon "direct to DVD", elles ne cachent pourtant pas un scénario souvent cousu de fil blanc ! Dans Shrooms, une bande de potes décide d'aller se perdre en pleine forêt pour se taper un trip aux champis version hallu qui tourne au glauque. Pour continuer dans le thriller forestier, une bande de potes (pas la même heureusement) loue une cabane dans les bois mais se retrouve nez à nez avec un ermite infecté d'une fièvre mortelle qui pourrit quelque peu l'ambiance dans Cabin Fever. Dans Evil Woods ("les bois maléfiques"), on retrouve tous les ingrédients du film d'épouvante pour prépubères avec bien sûr la clique d'ados qui picole de la bière, se raconte des histoires qui font peur autour d'un feu de camp, baise, fume du hash et se fait massacrer par un maniaque de la hache à l'accoutrement ridicule. Une autre bande, de spélélogues cette fois-ci, se fait trucider tout le long de The Cavern, par le mystérieux habitant des lieux. The Descent reprend exactement le même scénario mais avec un groupe de 6 femmes. Pas mieux dans The Ferryman, où un groupe de touristes embarque dans son yacht de plaisance un étrange et débonnaire vieillard rescapé de la dernière marée qui s'avère être un terrible meurtrier ! Dans The Chill, un écrivain raté se prend un job alimentaire dans une épicerie dont le propriétaire prétend avoir une maladie rare qui le contraint à vivre quasiment cryogénisé. Dans l'intervalle, deux prostituées sont portées disparues...un secret se cache derrière les murs glacés du lieu de son nouvel emploi ! Pathology semble sortir du lot avec l'histoire de cette bande d'étudiants en médecine déjantés qui décident d'inventer le crime parfait.

Comme on le voit, ce sont les thrillers et les films d'horreur qui donnent la part belle à la représentation de la mort sur leurs posters. Evidemment ça serait surprenant s'agissant d'une comédie romantique, mais ce qui m'a particulièrement intéressée c'est cette recherche dans la suggestion de la mort par l'image en reprenant le décor et le thème du film. Comme si, finalement, quels que soient les éléments du décor, le visage humain se fondait dans le paysage avec une adaptabilité étonnante. Tout ce qu'on a dans le crâne, tout de même, c'est dingue non ?

Et pour ne pas être en reste, je vous propose un parallèle avec mon billet sur Photograff Collectif, où l'on voit que les artistes de rue aiment eux aussi particulièrement jouer avec l'imagerie de la mort...

lundi 23 février 2009

Paroles d'oiseaux

au Musée Rodin

  • Dis, si le moineau est un petit moine, est-ce que la canette est une petite cane ?
  • Peut-être bien, puisque le passereau est le mâle de la passerelle. Un petit moine a toujours besoin d’une cane, tu sais, au cas où l’abbé casse.
  • Mais alors, si le Père Roquet est un papa-chien, la Mère Leu est une maman-loup ?
  • Sans doute, puisque le pigeon est une petite pige. Mais dis-moi, je trouve tes questions bien puériles, je ne te savais pas si jeune ma buse…
  • Un condor peut cacher de précieux faux cons ! N’entends-tu pas cingler le chant du martinet qui annonce en tremblant les lettres du corbeau ?
...au cimetière Montparnasse




lundi 16 février 2009

VIRES-TU ELLE ?

Pour continuer dans l'interactivité entre blogueurs, je réponds à l'invitation de Nicolas du Perchoir, qui nous "propose comme challenge, à ceux qui aiment jouer avec les mots, d’écrire leur propre vision de son histoire à lire sur son blog, dans le contexte d’une révélation, d’une illusion et d’une connexion avec un monde fictif.

* **



Depuis quelque temps déjà, sur mon blog, il se passe une chose bizarre. Les commentaires d'un inconnu se glissent sournoisement sur mes billets, et quand je clique sur le mot "anonyme", je suis redirigée sur une page remplie de 1. Les vers sibyllins de l'inconnu parlent de mon enfance, de détails que moi seule peux savoir. C'est comme si une entité virtuelle et omnisciente (que j'appellerai ELLE) était entrée dans mon esprit pour me voler mes secrets. Le tout, sous des formes qui me touchent, reproduisant mon style d'écriture. Je supprime ces interventions dérangeantes au fur et à mesure de mes billets et je les copie dans un document à part. Mais j'ai décidé de stopper net depuis la nuit dernière, car j'ai fait un cauchemar dont le scénario reprend le texte du premier commentaire retiré. Ces vers évoquent ma phobie, sous forme de haïkus :

Ô Belle Arachnide
Viens à moi, venin perfide

Tes yeux de clepsydre


Dans mes mains vides
Ecoulent leur sable aride

A la couleur cidre


Dans mon rêve, je me trouvais dans un désert, peuplé de dunes de mygales, avec un sablier au-dessus de ma tête...Je ne peux pas contrôler ces apparitions, et j'ai donc commencé à faire des recherches relatives à d'éventuelles expérimentations semblables par d'autres blogueurs, mais je ne trouve rien. Ces mots issus de nulle part sont pourtant bien écrits par quelqu'un !?! Dans tous les cas, si je n'en suis pas l'auteur, j'en suis l'"ôteur" pas à la hauteur : ils restent en effet gravés dans mon subconscient comme une morsure qui ne cicatrise pas. Les coms prennent même parfois une tournure menaçante :

Petit poisson devient dragon
Quand le cancer atteint l'arête
Il nage dans son filet tout net

C'est la toile qui distille son poison


Tout y est. Mes ascendants astrologiques, mon engouement pour la blogosphère et internet...mais je ne peux croire à une intervention autre qu'humaine, en dépit de l'absence totale d'explication rationnelle. J'ai même fait appel à un spécialiste du langage crypté et des codes informatiques, très calé en virus ! Mais le constat demeure des plus incroyables. Il n'y a PERSONNE derrière ELLE, pas d'adresse IP, ni clavier ni ordinateur connecté. Ces mots sont de purs calques humains, mais irréels, abstraits, fantômes ! Je ne dors plus et la nuit je suis connectée à la lune. Ces "poèmes" sapent mon moral, je me dis que je suis schizo, que je suis l'auteur de ces coms et qu'après je les oublie...j'ai pris à témoin ma famille, mes amis, pour voir si...mais non, j'ai beau me trouver à des kilomètres d'un ordinateur, les coms sont là, tonitruants, éprouvants, machiavéliques ! Le chiffre 11-11 revient dans ces délires, et je le vois partout, comme l'heure fatale de mon apocalypse intime, et c'est peut-être ça !!! Une signature est apparue justement en bas du 11ème com...le paraphe MM. Voici le commentaire, sous la forme d'un palindrome dont la langue est étrange :

Le un n'a nul élève nez, no lune, no name. Dix is a true monster : rasés à ses arrêts, on meurt à six...Idem an one, nul onze ne vêle l'un annuel.

Pour avoir retourné le chiffre 11 dans tous les sens, je sais ce que cela signifie : MM, c'est 11-11, car la lettre M n'est pas autrement composée de deux 1 qui se font face, un à l'envers, un à l'endroit, tout comme le symbole de mon signe est représenté avec deux poissons qui vont dans des directions opposées. J'ai toujours été fascinée par la lettre M et le chiffre 11, et ELLE le sait, car j'en ai parlé dans mes billets (Rhyming tautolipogram, M et vous...les uns les autres, 11:11). ELLE se joue de mes obsessions et de mes incertitudes. ELLE sait que je suis sensible aux signes et aux symboles...ELLE et 1111 sont aussi des palindromes, codes-barres d'un sens giratoire sans fin, sans issue de secours...



Aujourd'hui, cela continue, mais je vis ces manifestations comme une possibilité de retour sur MM, c'est à dire...Moi-Même. C'est le reflet de mon âme, c'est un jeté de mon sang, c'est le bug inexpliqué de ma SERV-ELLE : le serveur "elle", dernière syllabe de mon prénom. Un jour peut-être, je comprendrai la signification de tout cela. Tout semble évidemment basé sur la connectivité des signes : il n'y a pas de hasard, toutes ces coïncidences ont un sens, dans une autre dimension spatio-temporelle, mais je ne le saurai qu'au prononcé de mon dernier mot...Ce mot, c'était la MORT sans "air", la mort, cet éther net éternel, et ce mot...c'était peut-être ELLE !

ATTENTION CECI EST UNE FICTION : TOUTE RESSEMBLANCE AVEC DES PERSONNAGES OU DES ÉVÉNEMENTS PLUS OU MOINS RÉELS OU RECONNAISSABLES SERAIT FORTUITE...

lundi 9 février 2009

Mais quel est donc ce grand frisson ?



Me voilà taggée par Myu...merci à lui ! D'ordinaire je n'aime pas trop ce genre de jeux à la chaîne, sauf quand ça me permet de rebondir sur une idée de billet...Le principe diabolique de ce "taggage" est de parcourir son dossier photos le plus récent ou le 6ème le plus récent, choisir la 6ème photo dans ce même dossier et la publier sur son blog, puis passer le relais à 6 bloggers (vous voyez, ça fait 6-6-6-;). Je passe le relais à ceux qui le veulent.

J'ai pris cette photo à Montmartre. J'ignore quel est l'auteur de ce croquis, malheureusement. La citation de Goethe "Le frisson est la meilleure part de l'homme" m'offre une excellente façon d'aborder une question qui me préoccupe en ce moment. Dans quelles circonstances éprouve-t-on un frisson ? Le mot est tiré du latin frigeo (avoir froid). Peur, désir, fièvre, sentiment de déjà vu, plaisir, dégoût, froid, émoi procuré par la musique ou une vision...Autant de manifestations du frisson qui sont contradictoires. Ce qui nous faisait frémir nous rend plus vivant, nous bouscule, casse notre passivité. Est-ce pour cela que tout le monde rêve du fameux "GRAND FRISSON" ? Mais quel est-il ?

En creusant un peu, j'ai découvert que c'est Rudolf Otto (1869-1937), théologien allemand, qui aurait repris la citation de Goethe pour parler du "spasme mystique". La théorie d'Otto repose sur le "Mysterium Tremendum". Pour schématiser un peu, pour lui, le frisson (combinant terreur-adrénaline-sentiment d'impuissance) ressenti en présence d'un phénomène de type "apparition sacrée", est liée à la conscience subite qu'il existe celui qu'on appelle...DIEU.

Ma propre soeur a été frappée par la foi le jour où, très jeune, après une séance de spiritisme avec ses copines, des "esprits" ont répondu à des questions. Par la suite, une série de micro-événements "surnaturels" ont achevé de la terroriser, elle a lu beaucoup d'ouvrages sur les religions et elle est devenue croyante. Moi-même, petite, avec l'un de mes cousins, alors que nous étions sur une route de campagne, j'ai vu apparaître ce qu'on appelle communément un revenant. Cela n'a jamais eu d'incidence sur mon athéisme forcené et même si j'en ai éprouvé de la peur, j'ai cherché (et trouvé je pense) toutes les explications rationnelles pour expliquer ce phénomène.

Je m'interroge. Quel est donc ce grand frisson mystique ? Pour aller plus loin, j'aimerais, si ce n'est pas une question trop indiscrète ou trop intime, que vous me racontiez comment vous avez eu la foi si vous êtes croyant, ou pourquoi au contraire vous considérez que les manifestations surnaturelles sont le fruit de l'imagination humaine ?

lundi 2 février 2009

AMBIANCES : LES CONSÉQUENCES

Désolée d'avance pour la longueur du texte, mais près de 140 mots différents à caser, c’est un sacré challenge…c’est pourquoi j’ai parfois utilisé des mots de la même famille pour plus de fluidité. Les doublons sont assez représentatifs de l’imaginaire collectif des participants : lumière, abîme, brisure, enlisement, merde, éclat, fêlure, plongeon, fragile, tournis. Merci en tout cas pour ce brainstorming ! En prime, une illustration que m'a inspirée le texte.



***

Lisbeth s'enlisait avec désespoir dans une cimenterie de cauchemar, en proie à un vertige et une douleur sans fin : le compte à rebours avait commencé, et les secondes s'égrenaient dans un silence elliptique...1, 2, 3, 4...11...Les terribles vers de l’Horloge de Baudelaire semblaient se répercuter sur les murs de son cachot : « Trois mille six cents fois par heure, la Seconde Chuchote: Souviens-toi ! - Rapide, avec sa voix D'insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois, Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !». Le corps nu de Lisbeth, était tout en contrastes : couleur de neige et parsemé de bleus (les empreintes de sa séance de torture), il avait l’aspect de la faïence. On l'avait droguée à l'héroïne, et à certains moments d'inspiration lui venaient dans ses délires des scènes de Transpotting et de Requiem for a Dream. Elle comptait les paillettes de sa peau comme autant de points de saignée traçant des rails parallèles vers un brasier jusqu'à l'ignition : un, cent, dix. Dans le voile tamisé de sa conscience ponctué de rares éclaboussures de lumière, sa tête allait exploser comme un volcan en éruption tant elle avait mal. Comme elle était l'unique captive, la solitude et l'enfermement provoquaient chez elle des accès de schizophrénie : elle se parlait à elle-même pour ne pas crier. Parfois, elle entendait résonner un ricanement semblant provenir d'un hall lointain. Une odeur de brûlure lui parvenait à travers une fragile meurtrière incrustée de suie, d'où elle apercevait la lueur du jour filtrée par un grillage en résille. Le fameux décret n° 2006-1386 était passé aux oubliettes, et les ricochets de clarté sur le boulet attaché à ses chevilles n'était qu'une lueur d'espoir illusoire. Dommage...elle était foutue. Il n'y avait pas d'échappatoire, et presque pas d’aération. Ni barreaux, ni persiennes. Les conséquences de son imprudence semblaient incontournables, aussi fatales que l'enclume écrasante du remords qui vous plonge dans l'effroi et vous change en statue de marbre. Bientôt, il serait trop tard. Trop tard pour les regrets et trop tard pour les condoléances, personne n'entendrait la brisure de son cœur ni ne pleurerait les cendres de son âme. L'humidité ambiante de ce gouffre interdit aux humains compromettait sérieusement l'étanchéité de ses garde-fous, mais elle s'empêchait malgré tout de sombrer dans l'abîme de la folie...Paradoxe total car elle s'y trouvait déjà.

Lisbeth avait de la visite. Le rieur du hall, avec sa face de conque, était plus sinistre qu'un hiver glacial (étrange ce mot « conque », se dit-elle, un mix de con + queue comme le sexe d’un androgyne). Il avisa la silhouette de la jeune fille : enracinée dans sa torpeur de pétrifiée, elle avait le cul par terre empêtré dans la merde. Il partit d'un énorme éclat de rire sarcastique; "Holala !", fit-il. Il y avait cependant comme une fêlure dans sa voix, à l’instar de son épiderme craquelé par une sorte de lèpre. Elle resta figée devant le spectacle de cette peau en lambeaux, comme envoutée. « Pourvu qu’il ne me touche pas ! », pria-t-elle. Elle se demanda d’ailleurs quelle était la période d’incubation de la maladie au cas où elle verrait chez elle les premiers symptômes. Puis, il se mit à écrire ces trois caractères d'illettré, "M D R" à la craie sur le mur comme un avertissement, le calque de son propre rire de dément. Le cachot avait des allures de squat, avec tous ces graffs sur les parois en décrépitude, dont ce tag "Flubber", qui collait comme un gant au maton, pensa-t-elle avec humour. Non, elle ne Mourrait pas De Rire c'est sûr, mais de quoi ? Quels arts funestes l'attendaient dans la profondeur de ce lieu hanté par les fantômes des précédents prisonniers ?

Pour l'heure, elle avait le tournis...un passage à vide qu'elle tentait de maîtriser. Tandis que "Flubber" s'assurait de la solidité de ses chaînes, elle voyait à travers l'interstice de la porte entrouverte une verrière dotée d'une ossature de métal. Le squelette d'acier était immense, et on y distinguait une sortie tout au bout d’un labyrinthe. Lisbeth se voyait déjà évadée de la dernière chance...quel truisme ! Elle avait déjà la nostalgie de la vie, prenant de plus en plus conscience de sa propre légèreté...en pleine ascension, le ciel semblait lui ouvrir ses bras, comme lorsqu'on prend son envol...terrain glissant ! Elle ressentait une attirance pour la mort, une immersion dans une terre de délivrance ! "Non !!!", se dit-elle avec colère, « je ne veux pas finir comme ça, pas maintenant » !

Tandis que "Flubber" gesticulait, elle entendait les flop-flop de sa chair flasque, ponctués d'un cliquetis. Il marcha sur sa cheville entravée d'un anneau et elle serra les dents très fort pour ne pas hurler. A entendre son "oups !" machiavélique et à voir le masque de sa jouissance placardé sur sa face glabre, il jubilait. Une voix d’outre-tombe semblait lui murmurer : "Le cliquetis. Concentre-toi sur le cliquetis". Une cordelette dépassait du paletot désuet du mollusque, et elle tirait discrètement dessus, ce qui générait ce fameux son de métal qu'il ne semblait pas entendre. Ses premières tentatives furent autant de coups d’épées dans l’eau. « Accroupis-toi plus ! », crut-elle encore entendre.

Le trousseau de clés tant convoité, mû par l'attraction terrestre, tomba enfin : le son de sa chute fut étouffé par les immondices éparpillés sur le sol. Le cœur de la jeune fille battait à tout rompre : cette espèce d’alien n'avait rien vu ! Elle le regarda s'éloigner vers la porte de sortie...il fallait agir vite. Au prix de pénibles contorsions, à l’envers, à l’endroit, elle parvint d'abord à détacher ses pieds, trouva la force de se lever puis saisit un tesson de bouteille afin de fracasser la conque, qui, ciblée avec précision, s'effondra comme une chiffe molle. Un geyser de sang jaune jaillit de son crâne. Vite, elle dégagea ses poignets, encerclés de menottes, à l'aide de ses dents et de ses pieds. Se défaire de ses fers lui procura une sensation de soulagement infini. Ce fut pour Lisbeth la première fois, la seule sans doute, où elle put inscrire dans sa chair le mot LIBERTE.

lundi 26 janvier 2009

AMBIANCES


L'idée de ce billet est de générer une sorte de "session poétique participative". Ces photos, je les ai prises dans un endroit secret, une usine désaffectée fermée au public. Mais je ne peux résister à vous faire partager cette atmosphère si particulière qui régnait dans ce bâtiment en ruines. Imaginez...un espace immense, une hauteur de plafond digne d'une cathédrale avec un puits de lumière sensationnel. Un labyrinthe. Vous déambulez dans des couloirs sombres, slalomant entre les gravats et la ferraille. Les murs suintants et éventrés ont l'air de susurrer des mots d'un autre temps, comme s'ils voulaient vous raconter les scènes qui ont transpiré au cœur des pierres. Des visages grimaçants vous narguent au gré de grands piliers rouillés, tandis qu'un goutte à goutte au son d'une fuite en sols mineurs égrène les secondes d'un moment qui s'inscrit pour cet éther mité. Car l'air ici semble figé, vermoulu, mystérieux, et l'on s'y plonge avec le sentiment d'avoir été transporté dans une autre dimension. Je vous propose d'ouvrir les portes de cet univers unique, et vous demande une chose : trouver un mot, un seul par photo, celui qu'elle vous évoque. Par la suite, je me servirai de vos 8 mots pour écrire un texte qui sera le reflet de vos impressions et de vos inspirations. Merci d'avance pour votre participation !



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Tracé direct par UTIL
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mardi 20 janvier 2009

De l'idée à l'art


Le Louvre, un matin

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L'idéal est un songe qui au gré des carrefours
Mille fois nous appelle, mais nous y restons sourds :
Il est des évidences comme ce que l'on touche
Qui, noyées dans un monde absolu et trop pur,

Disparaissent dans l'heure et s'évaporent en couches :
Epidermes subtils pour carapaces trop dures !
Car notre peau éthique est coriace et ne crève
Que lorsque celle des libres sur les lois s'élève.

Esprit et chair luttent dans un lit de haillons
Lorsque les rêves sont tués d'une publique opinion
L'imaginaire pensé peut donner corps aux mythes

Si l'être prend le pas sur les codes et la masse.
Or, la masse est un poids qui assomme et limite...
L'idée a l'art et l'air d'éluder les guerres lasses.

Et vous, c'est quoi votre idéal ?

lundi 12 janvier 2009

DEVENEZ MOUSTACHE GIRL !

Il y a quelques temps Paris-Emoi nous régalait de sa découverte dans le métro d'un "moustacheur" masqué agissant sous le pseudo de "Moustache Poétique". J'avais adoré le concept, qui me replongeait soudain dans les années 80, évoquant une série bien franchouillarde que certains reconnaîtront avec quelques trémolos à l'oeil : Les brigades du tigre (1974-83), remis au goût du jour par un remake français en 2006...



Moustache Poétique, c'est Astien, Ed Wood et Mathurin, 3 joyeux lurons qui ont fait de ce petit petit monticule de poils sublabial leur emblème...Ils ont créé un épiphénomène sur leur blog et sur Facebook, invitant les dames qui le souhaitent à leur envoyer leur photo moustachue...eh bien qu'à cela ne tienne, nous voulions l'égalité ? Hop, un coup de Photoshop et me voilà parée !



Par contre, pas de bidouillage pour envoyer vos photos, voici la consigne : "Envoyez une série de photos de vous avec une moustache fine dessinée au crayon noir (pas de rajout photoshop). Les photos doivent être de bonne qualité et doivent célébrer de maniére glamour le port de la moustache au feminin. Soyez sexy et envoyez le tout à edwoodisdead@hotmail.fr". A vous Mesdames !;)


quelques trouvailles dans le métro

J'aime bien jouer à ce jeu qui consiste à taper dans Google "xxxx c'est..." et de voir ce qui ressort...en forme de moustache;)

c'est rasoir
c'est pour pas que la mousse tache ?

c’est un brin ringard, mais tellement viril !

c'est tendance ? ça donne surtout une tête de truand...

c'est trop hype et je sais de quoi je parle je bosse aux Inrocks

c'est pour les cons !! d'ailleurs le 21 je me la raserai en public !
c'est in et la barbe j'en parle même pas (même le Père Noël en a une)
c’est pas terrible sur la plupart des hommes à part très très fine à la Zorro

c'est moche, mais là j'ai oublié mon rasoir alors j'ai une fucking moustache quoi



Si de nos jours dans la mode masculine la moustache a retrouvé ses lettres de noblesse, les avis sont partagés...en effet, elle a souvent été l'avatar des dictateurs (Hussein, Hitler, Staline...) et, même si autrefois beaucoup d'écrivains et d'hommes politiques la portaient, elle n'est pas spécialement appréciée des femmes, qui trouvent ça plus piquant que glamour ! Tantôt portée épaisse ou en barbichette, les rois l'arborent aussi bien que les révolutionnaires comme Marx ou Jaurès. Elle revient dans les années 50, sous une forme très soignée, taillée, précédant l'hirsutisme recherché des années hippies. Aujourd'hui la fine barbe et/ou la moustache trendy savamment étudiée semblent un signe extérieur de séduction secondaire. A la Chabal ou agrémentée de rouflaquettes façon dandy, elle a supplanté le courant grunge et la Gainsbarre attitude. A quand le retour à l'homme de Cro-Magnon ?

Question subsidiaire : et vous Messieurs, quelle moustache êtes/seriez vous ? Pour vous aider, il y a plusieurs types de coupes qui portent des noms bien spécifiques.


lundi 5 janvier 2009

L'Art Postal avec Roswitha

Répondant à l'appel de Roswitha sur le thème de Saint-Exupéry, voici ce que je lui ai envoyé et ses réponses ici). J'adore entasser tout un tas d'images, ça fait des piles ingérables chez moi alors...si vous aussi vous ne savez que faire de vos vieux journaux, prospectus et autres vieux timbres, envoyez vos "mail arts" à Roswitha Guillemin ou à sa complice Christine Le Roy ! Dernièrement, j'ai travaillé sur le thème Serge Gainsbourg. Laissez-vous aller à la créativité, c'est du 100% recyclage !

1. Saint-Ex


Saint-Ex - cliquez sur les photos pour voir en plus grand (format A4)

La veille de faire partir mon enveloppe "customisée", je recevais un paquet de l'étranger...qui ressemble fort à s'y méprendre à du mail art : admirez la diversité des timbres utilisés, la calligraphie de l'adresse et le sticker "dragon"... moi qui suis fan de cette bestiole, je suis aux anges ! Entre Gallois et Gaulois il n'y a qu'une lettre qui s'échange et j'ai bien entendu félicité l'expéditrice comme il se doit...

(format A5)

Insigne royal du Pays de Galles depuis 1901, le dragon rouge est, depuis 1959, le drapeau gallois officiel. Il symbolise la lutte entre les Saxons et les Celtes (source Wikipedia).

2. Gainsbarre


Sur le thème du "Poinçonneur des Lilas" (format A5)

3. Je sème à tous vents

ET ENFIN, merci à Sylvia, alias Lilabel, pour son mail art...avec dragon s'il-vous-plaît !;-)


(format A5)

Et ma réponse, qu'elle n'a hélas pas reçue, merci la Poste :

(format A5)

AH ! C'QUE C'EST CHOUETTE L'ART POSTAL^^

jeudi 1 janvier 2009

2009

CREER C'EST RESISTER BEAUCOUP



°°°°


Voir rouge, pas la colère ni la haine, mais la vie
Le sang qui est au coeur ce fluide cramoisi
Qui colore nos visages du grenat de l'affront
Ou rebrode nos peaux en rubis de passion

L'interdit vermillon nous souffle le danger
Mais nos écarts latents nous entrainent plus loin
L'amour y dessine d'un souffle carminé
Des nuits troubles et osées aux accents lits devins.

°°°°

AIMER C'EST AUSSI CREER UN PEU


Le coeur de Popay à la Forge (Paris 20ème)

Y CROIRE, PASSIONNÉMENT !

BONNE ANNEE A TOUS

Dans cette mosaique : FKDL, Misstic, Ludwig (déjà en lien ici), Dude, des pochoirs de l'Atelier Dorian Gray, des pochoirs anonymes trouvés dans les rues de Paris (dont certaines photos proviennent de Tat, merci à elle), David Gouny, Popof, Moustache Poétique, et des pochoirs pris à Bâle, entre autres.

samedi 20 décembre 2008

REGARD

Paris 20ème, à la Forge. Peinture murale de Wanda Savy (2007).

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Un message envoyé par des prunelles écloses
Plus fort avec l'été qui leur envoie ses flammes
Souvent inconscient, parfois il indispose
C'est le regard osé des hommes sur les femmes.

Il juge et postule tant il se croit sans tache,
Ses idées, son confort, ce à quoi il s'attache,
Il exclut et condamne avec des préjugés :
C'est un certain regard sur une peau basanée.

Un miroir sans tain, c'est un visage sans fard.
Il faut toute une vie pour connaitre le nôtre
Celui qui nous anime hors de la vue des autres
C'est le regard sur soi, qu'il importe d'avoir...

Toi, je te vois, mais je ne te regarde plus,
Et je lance parfois des œillades obliques
Baladeuse, aujourd'hui sur de nouveaux déclics,
Ailleurs, je contemple ces êtres qui te tuent.

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Je ne résiste pas, je rajoute celui-ci trouvé aujourd"hui dimanche : il illustre à merveille "le regard sur une peau basanée"...et surtout il est MA-GNI-FI-QUE !!! (l'artiste s'appelle SWING)

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Je profite de l'occasion pour vous indiquer l'ouverture récente de deux blogs consacrés à des hauts lieux du graffiti : La Forge et La rue Denoyez, par Thias, qui tenait déjà un blog sur la Rue de l'Ermitage et qui est membre de notre blog Photograff Collectif. Il y a de petites merveilles, allez voir !

samedi 13 décembre 2008

EXCLUSIF

Deux grandes nouvelles aujourd'hui ! D'abord, c'est l'anniversaire de Tatiana, aka la Tigresse du goulag, la Manouche, Taterproof, Tat à l'Oeil et j'en passe et des meilleures ! Et pour lui souhaiter dignement son anniversaire, voici mon cadeau, une photo d'une superbe grenouille par Ludwig (celle-là aucun du Collectif ne l'a je pense) car je sais qu'elle les adore :

HAPPY BIRTHDAY TAT !!!
et
Judgi's Blog présente :

"LES PARAPLUIES BLEUS ou LA PIRE HUMIDE DU LOUVRE"
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Le premier roman-photo en style télégraphique !!!


THE END

Bon, j'ai pas la photo de l'emballage...DOMMAGE !
Oui je sais, j'ai pas fait dans la dentelle alors pour me rattraper, voici :
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LA VERSION PARASOL

L'ombrelle c'est l'ombre d'elle, les vents taillent ses dentelles.
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Merci à Paris-Emoi pour ces portraits et les bons moments passés au Père-Lachaise sous le soleil exceptionnel de ce début novembre.
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Son aile est gansée : l'art scénique éveille, danse-t-elle ?

Je remercie également ces deux inconnus qui m'ont servi de modèles à l'insu de leur plein gré; bien sûr, mon interprétation est toute subjective et je vous laisse libre d'imaginer un autre scénario !