vendredi 17 août 2007

FABLES EXPRESS

Repérées sur ce site dédié notamment à la poésie et à l'histoire littéraire, par André Laugier : les "fables express" (http://echos-poetiques.net/textes/index.php/Mes-fables-express-4 ). Jouant sur l'homophonie et ce que j'appelais dans l'un de mes billets la langue des oiseaux (ou quand un mot peut en cacher un autre), elles fonctionnent ainsi : l'idée est de composer, en quatre vers/lignes, une petite histoire qui renverra au constat final, et dont la morale qui aura un rapport direct avec le texte, reposera sur un jeu de mots. J'ai composé un exemple ici avec la combinatoire moralité / mort alitée (vous en trouverez d'autres amusantes sur le site d'André Laugier) :

Attendant l'heure finale du repos d'une vie
C'est sur un vieux galetas qu'elle veut trépasser
J'ai aimé cette femme sur ce même grand lit :
J'attends son ultime soupir, écho d'éternité...

En gros, la moralité de cette histoire renvoie à notre condition de mortel, et la mort nous voit tous généralement finir dans la même position de gisant : c'est la mort alitée.

Inspirée par cette forme intéressante, je vous propose une dizaine des ces "fables express" composées à ma façon.

N'ayant jamais été une fée du ménage...
J'ai préféré garder de ce pesant ouvrage
L'anneau qui, serti d'un brillant caillou nuptial
Est le gage d'un foyer - d'un mari minéral

Moralité : J'aime au logis

***
C'est avec des regrets mon cher et tendre amant
Que je lis à la lettre vos poèmes alléchants
Car si beaux soient-ils, hélas, maintes coquilles
En ternissent l'attrait à mes yeux qui sourcillent !

Moralité : Lis tes ratures...

***
J'ai signé un odieux pacte avec le diable
Mon âme à lui vendue il m'a promis fortune
Désormais prisonnière d'une geôle importune
Me voilà condamnée pour un meurtre effroyable

Moralité : L'enfer me ment

***
Tournée en bourrique tu t'affirmes têtue
T'attends-tu à l'attentat ou le tenterais-tu ?
Si ta vertu est telle, à défaut tu t'es tue
Ne te torture plus : tu en as le statut !

Moralité : Tue, mule tueuse !

***
En guise d'introduction à toute randonnée
Evitez les vastes pâturages sans abri
Et sinon, pour pallier à la mousse des pluies
Ne prenez nul savon, et gare à la rosée !

Moralité : Pré en bulles

***
Les plus démunis louent un bout de trottoir
Le macadam a raison de leurs obscurs haillons
Sur le sol on les voit écluser leur pinard
Relégués à la rue et recouverts d'étrons

Moralité : Loques à terre

***
Au sein de notre ligue certains ont trop mangé :
Parce que les syndicats se gavent à la cantine
Il ne reste plus rien, c'est la grande famine !
Alors cuisinier, ce régime particulier ?

Moralité : Con, fais des rations !

***
De l'université je garde le souvenir
D'avoir tout dépensé en livres et ouvrages
Conseillés par un prof, un sacré porc sauvage :
Il beuglait tous ses cours mais ne savait pas lire !

Moralité : Fac : ô chère !

***
Je me perds dans les méandres du cimetière
Et frissonne au son de mes os qui claquent :
Le rire des spectres, racines aux entrelacs
Se voit dans l'écorce des arbres séculaires !

Moralité : Des os rient, hantés...

***

J'ai vu un piètre peintre taillader son modèle :
Il avait dessiné une femme dénudée.
De son flanc on ne voyait plus qu'une rondelle
Un fessier découpé par un pinceau de boucher !

Moralité : Art tue rein beau...

***

Et puisque nous sommes dans les jeux de mots, je ne résiste pas à vous soumettre ce courrier de pub reçu au boulot : comme quoi, il y a des gens qui ne manquent pas d'humour et savent tirer parti de leur nom ! Pour mémoire, cela s'appelle un aptonyme.

JE REVIENS A LA RENTRÉE. J'ESPÈRE POUVOIR DE TEMPS EN TEMPS LIRE VOS PROSES SI J'AI ACCÈS A INTERNET ET JE VOUS SOUHAITE A TOUS UNE FIN DE MOIS PLUS ENSOLEILLÉE QUE CES TEMPS DERNIERS !.....CXL.

jeudi 9 août 2007

ABC d'air...marin !

Un abécédaire calligraphique, voilà comment je qualifierais ce texte. Je me suis évertuée à y dissimuler un célèbre tableau ainsi que le nom de son peintre...très facile, vraiment. Le premier qui lit a trouvé !


...un illustre inconnu a graffé ce bateau ivre rue Pajol. Pris derrière un grillage, hélas quelques babioles parasites cachent la vue...


vendredi 3 août 2007

CHIE CAGOT 2 !

Après l'époustouflante performance de Naya, qui nous a fait un sans faute, laissant loin derrière ses concurrents désemparés et anéantis, le jeu continue. Alors là, je ne vous dis rien...

jeudi 2 août 2007

Chie cagot !
Pour en revenir à des considérations plus oulipiennes, je vous propose une spéciale jeu d'été avec le chicago : le chicago est en théorie constitué de quatre homosyntaxismes qui forment une devinette et dont la solution est une homophonie. L’exemple qui a donné son appellation à cette contrainte est donné sur le site de l’Oulipo.

Le voici :

Pisse homme de peu de foi
Vomis dévôt
Crache bigot
Expectore grenouille
CHIE CAGOT
Comme on l’aura compris, le jeu consiste à trouver des noms de villes ou autres, selon le thème que l’on aura choisi, de sélectionner ces noms par rapport à leur pertinence et à la facilité du découpage et de travailler sur la synonymie ou l’antonymie, par exemple. Je vous propose donc de retrouver, sur ce principe, les 16 villes qui se cachent derrière ces rébus d’un genre alambiqué ! Attention, j’ai pris un peu de libertés par rapport à la règle initiale…
Cliquez pour agrandir !

mercredi 25 juillet 2007

11:11

Partout, mes yeux s'arrêtent sur la même heure, précise : 11:11. Etrange. Machinalement, lorsqu'il m'arrive certains jours de regarder l'affichage horaire de mon ordinateur, ces quatre clous semblent à chaque fois me narguer pile, comme les épingles fatidiques d'une heure suspecte qui s'enfoncent dans une peau déjà piquée par les vers...mes chers vers ! Ce palindrome irréversible apparaît à mes yeux sous la forme d'une grande aiguille et d'une trotteuse sonnant au diapasonze...je suis un zombie transpercé par une épée d'unités. Mes rêves sont peuplés de visages pâles, dont les cils se composent à l'infini du chiffre 1, peut-être clins d'oeil implacables de ma fin prochaine...Je me sens cernée, mais je ne crains pas la mort, même s'il ne me reste que 1111 jours à vivre, et je ne crains pas non plus la vie si elle m'amène jusqu'à 1111 ans. Je suis juste fatiguée, et j'ai besoin de prendre un peu de repos.

vendredi 6 juillet 2007

Verticalité métallique

Des noms de métaux sont plus ou moins cachés dans ce texte, saurez-vous les retrouver ? En illustration, (presque) toutes mes bagues en argent, une façade rue Saint-Honoré, et une plage à Saint-Malo...


Vertiges alités : q
uand on bronze on boit à longs jets
Certes, pour dorer au soleil il vaut mieux s'allonger.
Debout, déshydraté, on risque un coup de cul ivre
Ca rougit...à la rigueur c'est bien, ça nique ! elle
Est belle, l'horizontalité, avec son faux aplomb :
Mais comment rallumer ces feux, s'ils sont éteints
Avec le sable et le vent qui les a laissés faire ?

* * *
A l'horizon, sur la plage, on voit de larges gens
Qui braillent sans cesse : le cri d'un petit âne
Ne serait pas moins strident, et on comprend dès lors
Ce qui rosit leurs mines : c'est la totale hallu,
Entre ceux qui creusent à tout berzingue
Pour se tremper çà et là sciés par les lames de fond,
Et celles qui, attirées par le Cro-Magnon en slip,
Se pavanent nues, plate ineptie des bords de mer...

jeudi 28 juin 2007

PETITES COUPURES ET DECOUPAGE DE PRESSE

Lorsqu'il s'agit de trouver des titres d'accroche, les journalistes ne sont pas en reste et ne manquent (parfois) pas d'humour. Douteux, limites, sonores, capillotractés, culottés, ludiques, voici un petit échantillon de ces titres de l'AFP imprimés directement des pages web des actus du site de Yahoo. Comme on le voit (cliquez sur l'image pour zoomer), certains sont vraiment faciles, d'autres comportent des allusions (à peine) déguisées...saurez-vous retrouver le petit shah mort ? quel est cet étrange clin d'oeil au gazon ? et celui du tunnel ? Le titre aux vautours ne vous rappelle rien ? Etc, etc.


A SUIVRE...

vendredi 22 juin 2007

TAGGEE !

Dans un commentaire de mon précédent billet, j'ai été "taggée" par l'espiègle Zecoco ! Je rappelle le principe : je dois vous révéler 7 trucs exclusifs sur ma personnalité et passer le relai à 7 autres victimes. Je préfère laisser le soin à ceux que ça inspire de relever le gant, mais je n'imposerai à personne cette chaîne ! En tout cas je réponds à l'initiative de ce cher Zecoco non sans malice...

Le Prince Charles (Quint ?) et...Harlequin dansant, par Vazken Matyan

1. Mon dernier frottis remonte à mon dernier frotta, et mon premier vice à celui qui le versa.

2. Ceci explique cela : j'ai tout appris de l'amour grâce à la collection Harlequin (je sais, c'est honteux...)

3. Je ne me suis jamais fait d'anglaises, et encore moins d'anglais, par contre je le parle.


Clé de sol - Nikki de Saint Phalle ( photo prise hier pour l'occasion !)

4. Je n'ai jamais trouvé de clé de sol par terre. Pourtant, ne mesurant qu'1 mètre 61, ce serait plutôt à ma portée !

5. Le fait de m'être fait arracher trois dents de sagesse ne m'a pas rendue moins sage mais curieusement plus incisive.

6. Dire que j'aime les gemmes est un euphémisme : au jour d'aujourd'hui, je possède toutes sortes de pierres montées sur 39 bagues, 21 colliers, 20 bracelets, 22 paires de boucles d'oreilles, et c'est pas fini !!! Je précise quand même que je mets un point d'honneur à ne pas tous les porter en même temps.


7.
J'assume le fait de n'être en cheville avec aucun podologue. Pourtant vu l'état de certain de mes pieds, je le devrais...ce qui me console, c'est qu'il m'arrive de le prendre relativement souvent !^^

P.S. : au cas où quelques-uns auraient de sérieux doutes sur la question, bien que j'adore le Père-Lachaise, je ne suis pas prête d'y creuser mon trou et c'est pas demain la veille que j'y passerai mes nuits, à moins que celle-ci ne fut éternelle. Rassurés ?^^

mercredi 13 juin 2007

AH ! BAISERS D'AIR...

Oui, oui, oui, je suis la fée C
Un personnage de série Z !
Confessez-moi, ô mon grand A,
N'ayez point peur d'un Q
Dont vous faites si grand K !
Passez-moi donc au rayon X
Votre virilité en Vénus : c'est le V,
Que m'importe votre système D ?
Et la gorge entravée d'un E
A défaut de trouver mon point G...
Je me contenterai de l'instant T !
J'aurai pour vous des soupirs d'S
Sous vos coups tranchants comme des H,
Je manquerai certainement d'R :
Souffle coupé, peau à mille degrés F...
Il sera bien temps de savourer cette P :
Mettez-moi les points sur les I !
Car lorsqu'enfin vous m'aurez U
Provoquant les grandes O
Je vous dirai des yeux ce que j'M.
Vous déploierez sur moi vos L,
J'en resterai sûrement bouche B :
Pour vous j'oublierai le mot N
Et, du fond de mon coeur qui J,
Je chanterai alors celui-ci : WY !

Et comme ça parle d'amour...


Tous ces coeurs encore trouvés au Père-Lachaise^^
J'y vole toujours, lovée sur mon vélo, instants volés...Love makes the world go round !

mercredi 30 mai 2007

DE CATACOMBES EN CATA...STROPHES !


Epitaphe gravé sur le fronton d'une chapelle du Père-Lachaise : cette strophe se compose de 2 octosyllabes et de 2 alexandrins. En fait de décomposition charnelle, je me propose de continuer mon œuvre de recomposition textuelle (cf. le sonnet de mon billet du 15 mars dernier où vous je faisais part de la découverte d’un quatrain similaire au-dessus d’une porte). On y décèle encore, coïncidence étrange, la même thématique : les bruits de la terre défient les mystères de la mort. A ceci près que vous noterez que les premières lettres de ce quatrain sont l’anagramme des mots AMER, RAME, MARE, et ERAM ! Une contrainte supplémentaire dont je ne saurais faire fi…mais au fait, savez-vous qui se cache derrière les initiales V. H. ? Saurez-vous retrouver le poème original ? Facile, alors à vos claviers !

Rêvant de ces grands espaces,
Autrement que sur ces terres gravées de mille noms
Maintenant j’ai pu faire corps avec l’horizon
Et j’y cours pour y trouver ma place…

Amour, ton silence me dépasse,
M’éloigne trop de ton cœur, hélas sans raison
En t’aimant j’ai tué toute passion, c’est trop con !
Regarde-toi dans la glace :

Miroir de marbre qui casse
Avec joie je me souviendrai de ce frisson
Regard fatal, en un seul coup de mon canon
Extatique, las, tu trépasses !

(chrixcel)


(V.H.)

mardi 22 mai 2007

DE CHAIR(E) EN PIERRE

J'avais profité du pont du 8 mai pour faire une escapade dans la région du Mont Saint-Michel. Le premier volet sera consacré à cet étonnant poème sculpté par un abbé nommé Fouré (1839-1910) pendant près de 25 ans, connu sous le nom de "Rochers de Rothéneuf". Devenu sourd-muet, le grand gaillard d'église se retire dans la paroisse de Rothéneuf à l'âge de 54 ans et cisèle 500 m² de douleur granitique tout aussi percutants que des pages écrites au burin. Chef d'oeuvre d'art brut, disent les uns, création naïve, dirons d'autres. Peu importe l'étiquette qu'on lui met, cette puissante allégorie de la comédie humaine, née de l'isolement et de l'imagination fertile de son créateur, nous étonne par son côté atemporel. Muré dans un silence pétrifié, l'abbé martèle sans relâche les rebords qui l'emmurent, faisant surgir près de 300 figures aux yeux de mica ! Le sel et l'air marin ont certes quelque peu altéré les visages de cette tribu de flibustiers bretons du 16ème siècle qui a réellement existé et vécu là, sans compter les dégradations dues à la guerre et au vandalisme. Dommage, le temps était couvert et mes photos ne rendent pas justice à ces statues qui ont su résister pendant 125 ans...

CLIQUEZ POUR VOIR EN PLUS GRAND





Granidrome
Plage de Rothéneuf

Des faces effacées aux traits de granit nous avons gravi, ricochant tel un lancer de dés au fil des agrégats de sable mouillé. Sur cette grève rebattue par un vent au rire quasi graveleux, nous en avons gratté des paragraphes pour trouver ces statues de grabataires. Pesés, nos quelques grammes d'âme disparurent sous nos cheveux d'algues. Notre quête était aggravée par l'émergence d'un graphisme épuré et vivant, buriné à la fois par un grand escogriffe en soutane et par le sel et les embruns. Agrafées en roche dans une structure grasse et généreuse, des grappes de mica poussaient comme des graminées au soleil. Nous buvions ce vin, et ces instants de félicité grappillés à la mer qui nous avait iodé le sang; la vie s'était graduellement muée en nous en granulés d'hémoglobine : nous étions en somme devenus des graffiti d'étoiles se détachant sur un ciel grenat, et nous congratulions en coeur cette nature qui pourtant nous avait réduits à quelques ridicules gravillons éphémères gravitant autour de ces sublimes éléments gravés. Leurs reflets nous offraient gracieusement ce Graal qui nous avait jusqu'alors toujours apparu en filigrane, enfoui sous les gravats épars de nos dés gradés. Ce Graal, c'était le rire grave de la grève.


lundi 14 mai 2007

LE TRAC ERODA L'ADORE CARTEL
***
L'oulipien Luc Etienne a composé le poème montré sur le lien de Fatrazie http://www.fatrazie.com/acrostiche.htm intitulé PEREC, CE REPERE en hommage à Georges Perec. Perec était un palindromiste acharné, d’où ce poème posthume entièrement construit sur cette célèbre figure qui se lit dans les deux sens, comme le mot « kayak ». Cette performance relève d’une double contrainte, celle de l’acrostiche double et d’un carré «palindromique», chaque "côté" étant constitué par le palindrome lui-même. Je vous propose, sur le même principe, un texte illustrant un graf de l’artiste Native, détail (photographié ce dimanche) d’une magnifique fresque sur un mur perpendiculaire à la rue Ramponeau dans le 20ème à Paris (merci Francis pour le tuyau !).
***

lundi 30 avril 2007

BREVES DE BLOGGERS
Ou quand la poésie se cache dans vos coms' : il serait si dommage de laisser passer ça, non ?

Mon dernier billet vous offrait en pâture l'histoire de deux pigeons sous la forme d'un acrostiche. Il semble que ce poème ait réveillé les instincts de certains rimeurs (tout ça pour un ramier !), alors je vous remercie de vos contributions spontanées et réponds modestement à vos élans lyriques...

GRANK : Pigeon, Oiseau à la grise robe, Dans l'enfer des villes, A mon regard tu te dérobes, Tu es vraiment le plus agile

Graphiste magique tu nous fais bien rire,
Reportages en fanfare : on se marre !
A toi je dédie ce modeste délire
Né avec l'énergie de cet espoir :
Kilométrer ton blog à vue et le relire !

Naya : Pauvre piou piou, Il faut croire que ta mie fuit, Garce est elle car de tes soupirs elle s'en fout, Encore faudrait-il considérer qu'à son avis, Œufs point ne veut-elle en son ventre doux, Naufragé te voilà, en errance sur les toits de Paris et Frez : Plus Il Glousse Et Ondule Nerveusement, Plus, Ironie Grinçante, Elle Oublie Nos Nuits Effrénées...

Naive naïade, souffleuse de vers, mon apérititiF

Adora ta plume qui ne manque pas d'R...

Yéti des bars, je suis au pilier de ton cafE

Avec tes beaux billets qui me plaisent asseZ !

Peter Parker : Peter Il Guéte Et Observe Ne sachant quoi dire...

Piéton un jour je vous ai vu traverser
Elégant dans votre veste de velours moka
Touchée par votre aisance et vos mots d'apparat
Egrenai mes chapelets de dragons embarrassés
Rires et émotions pour ce beau mois de May

*-*-*-*-*

VRAC, avec un retard dont je m'excuse

Merci à Loïc pour sa dédicace très...seXuellement personnalisée;-)

à lire absolument les aventures de Tozoïd et Vula

Merci à Lunaba pour ses envois dédicacés de son recueil Chairâmi

et des correspondances de la Môme Piaf et Cerdan.

*-*-*-*-*

Le mardi 13 mars 2007 à 22:45, je disais à Naya :

"Ouais ba nous voilà dans de beaux draps...enfin dans de sales draps apparemment..."

Le mercredi 14 mars 2007 à 14:22, Naya me répond :

"Même que c'est tellement drap-matique qu'on pourrait en écrire tout un drap-me et tenir la drap-gée haute à toute cette bande de drap-gons qui n'en croiraient pas un mot mais c'est pas grave : on leur collerait sur la gueule une bonne couche de spara-drap, spécialité de Ma-drapsse, (je précise pour tout les qua-draps qui ne seraient pas au courant). Dépités ils se précipiteraient vers leur hy-drap-vion drapés dans leur drap-peau, qui leur donnerait un petit air mi médrap-no mi drap-gue queen. On partirait alors d'un grand rire drap-stique."

Chère Naya, je salue ta verve, et ne manquerai pas dans un prochain billet de rendre hommage à ta toute nouvelle création : le drapodrome^^...charge à moi de composer sur ce modèle un texte tout aussi savoureux (avec d'autres mots, aussi, pourquoi pas, ainsi créer l'antidrome, le télédrome, le pridrome, l'amidrome, etc.).

ET AVIS AUX AMATEURS INSPIRES !

mercredi 25 avril 2007

PIGEONS
Un mois de désertion sur ce blog, déménagement oblige et connexion Internet difficile, je reviens vous conter l’histoire de ces deux volatiles aperçus du haut de mon nouveau logis, en vis-à-vis. Je les ai observés un bon moment, et je me suis amusée de la cour effrénée de ce pauvre mâle tentant d’approcher la farouche dame oiselle, laquelle battait en retraite à mesure qu’il battait l’air de ses ailes conquérantes…

  • Piètres oiseaux pris au piège de l’amour
  • Ils se font des arpèges d’une portée infinie
  • Gageons qu’une page tournée au gré de ces tours
  • Ecrive leurs battements d’ailes en notes étourdies
  • On le voit la chercher mais elle fuit cette cour
  • Ne pigeant rien aux signes, ignorant tout ; et lui,
  • Seul sur sa ligne brisée : envolée sans retour…

dimanche 25 mars 2007


Mars, moi du dieu de la guerre, mois du mâle. Moi, déambulant dans le froid, glacée par le vent et les faces grêles rencontrées au détour des carrefours, je te cherchais. Mais mon espoir était mitigé...je te cherchais sans vouloir vraiment te démasquer. J'aimais cette tranquillité, en somme rien moins qu'une étude de sol en solitude lors de laquelle le marcheur ne sait pas où il met les pieds mais, au moindre pas pris dans un sens perpendiculaire via le virage des rues, s'attend toujours à un changement de décor grâce au changement des corps. J'étais heureuse, les yeux grand ouverts et la bouche souriante, de pouvoir me dire que j'étais vivante, que j'avais la chance de posséder toutes mes facultés pour faire fonctionner mes sens en alerte, aux aguets dans cette recherche perpétuelle de l'inconnu et du déjà vu, de l'immuable et de l'éphémère.

J'allais de paradoxe en parade inédite pour être hors de moi-même, et n'osais croiser mon propre regard dans le reflet des nombreux miroirs de la ville, comme si j'avais peur d'être suivie, comme si je m'échappais. Parfois j'allais bon train, certaine de ne rien voir qui ne m'intéressât, et parfois mon pas devenait plus lent avec un tempo de métronome, mes talons scandant la cité métropole. Je regardais alors les hommes et les femmes de la ville, des humains urbains qui, comme moi, erraient à l'affût de je ne sais qui ou de je ne sais quoi...Rue de la Tour d'Auvergne : j'y tournai sans vergogne. Et là, je vis ton visage, bizarrement fiché pour l'éternité sur un mur près d'une fenêtre. Qui étais-tu ? Qui t'avait emmuré là ? Tu dormais ou tu refusais d'ouvrir les yeux, mais l'expression de tes traits sereins m'apaisa un moment et je suis restée longtemps la tête levée à t'observer. Masque d'une quête perdue, masque du mâle statue : ton visage, véritable aberration dans un monde oublié au plus profond de mon être, resta longtemps gravé dans ma mémoire, et je n'eus de cesse de retailler à l'infini cette surprenante figure pétrifiée, vouée à l'érosion, au fil de mes rêves éveillés.

jeudi 15 mars 2007

SONNET A LA PORTE AVANT D'ENTRER !

Dimanche dernier nous a gratifié d'un beau soleil. Je manquais d'exercice physique, et je décidai donc d'enfourcher mon fidèle...pédalier. Un peu d'huile dans le dérailleur et dans les genoux, et me voilà partie. Direction : les beaux quartiers. J'entends par "beaux quartiers" ces zones qui en imposent avec leurs immeubles haussmaniens délicatement sculptés et leurs cariatides spectaculaires, avatars de la bourgeoisie parisienne d'antan. Il y a un côté suranné dans ces étalages tantôt baroques-rococo, tantôt néo-gothiques. D'autres témoignages de l'époque napoléonienne nous plongent dans une faune bariolée peuplée de sphinges, de chimères et de drôles d'oiseaux. Je ne me doutais pas qu'au détour d'une rue débouchant sur l'avenue d'Iena, je découvrirais que l'architecture pouvait parfois se muer en "architexture"...le maître d'oeuvre (si c'est bien lui l'auteur - hélas j'ai oublé de relever son nom) a fait graver au-dessus d'une grande porte un quatrain d'alexandrins illustrant parfaitement la position de deux romantiques cariatides.



Cet architexte semble s'annoncer comme une épitaphe censée prévenir ceux qui passent le seuil comme on passerait le deuil : un rappel de notre condition de mortel. N'écoutant que mon coeur de joueuse oulipienne, j'y ai vu un exercice tout trouvé ! Il ne me restait plus qu'une chose à faire : répondre à l'appel, et sonnet à la porte...

Campée sur mon char à deux roues, la tête en l'air,
Roulant au gré des rues qui charment mon oeil bleu,
Je vois une cariatide en pose funéraire
Puis une autre alanguie dans un rai lumineux :

Lasse des vains espoirs et des bruits de la terre
Heureuse d'oublier, l'une a fermé les yeux....
A son premier matin, sans effroi du mystère,
L'autre aspire à la vie en souriant au cieux !

Le quatrain ci-dessus est gravé dans la pierre
Il surplombe le grand seuil qui trône tout au milieu,
Arrêtant le passant comme une juste prière

Lui rappelant ainsi l'éphémère en ces lieux :
Car passer c'est mourir, et sourire c'est un peu
Oublier que la mort ne fait pas de manière...


lundi 12 mars 2007

A-N-N-I-V-E-R-S-A-I-R-E


[à truc tronqué, tronc truqué
à trac troqué, troc traqué]

Je suis un arbre qui attend l'ultime coupe : anis, verse, sers !
Les années passent tissent...autant que mes feuilles qui s'enfuient

La sève coule à flot dans mes ongles d'écorce : ah ! nid vert, serres
Je griffonne mes feuilles en pages, langue de bois et graphite à l'appui

De mes doigts effilés on fait de beaux crayons : âmes y versèrent...
De vous à bois, je suis fier que ma matière s'évapore en écrits

Mes aïeux, ces vieux tomes, s'essoufflent,
ahanent, hivers serrent
Lorsqu'au théâtre de leurs Racines le vent les effeuille - postérité bénie

Une femme soupire dans leurs pages cent fois manipulées,
Annie verse air
C'est une belle mort que de mourir ainsi, en bouts de mots transis

Comme un livre déchiré, ce papier que l'on tanne : il verse, s'aère
Papier pas pillé, j'ai un an-neau de plus : juste 31 ans aujourd'hui.

samedi 3 mars 2007

DRAGONS DE PARIS
Un peu d'histoire

Corps de félin, pattes griffues, tête de lion ou d’aigle, ailes de chauve-souris ou d'oiseau, queue de lézard, peau écaillée, ailé ou aptère...par son caractère hybride et fantastique, le dragon est un véritable patchwork du monde animalier. C’est la raison pour laquelle dans l’art, on en trouve quasiment jamais un pareil…Je me propose de vous présenter le butin ramassé lors de mes déambulations parisiennes ; il en existe sûrement plein d’autres et il serait impossible de les recenser tous en une fois…certains sont bien connus de nos amis photographes parisiens en lien ici, d’autres ont été moins évidents à dénicher…

Cliquez pour voir en plus grand !


Tête du défilé du Nouvel An chinois du 18/02/2007 Toboggan de la Villette par Bernard Tschumi (93-94 ?)

Pour bien commencer la tournée, lorsqu’on chasse l’animal il faut bien évidemment se rendre…rue du Dragon (6ème) ! Cette rue a beau être minuscule, elle en regorge.

Haut de porte rue de Rennes, gros plans rue du Dragon et M° St-Paul dans le marais

Fenêtres et balcons : rue du Dragon; Théâtre de la Gaîté Lyrique;
M° Saint-Paul; rue Saint-Louis en l'Ile

Construit par l’architecte Alphonse Cusin et inauguré en 1862, le splendide monument du théâtre de la Gaîté Lyrique, situé au cœur de la capitale dans le 3ème, est actuellement en cours de réfection. La mairie de Paris prévoit d'y ouvrir en 2010 notamment une médiathèque dédiée aux arts numériques, une salle de spectacles et des studios d’enregistrement.

Sculpture Eco-emballage par Gilles Pennaneac’h au Jardin des Plantes et
restaurant Dragons Elysées rue de Berri dans le 8ème (détail)

De part et d'autre de la Fontaine Saint-Michel, deux chimères en bronze sculptées par Gabriel Davioud vers 1860

La pagode rouge est le siège de Ching Tsai Loo et Cie, le plus ancien antiquaire chinois de Paris. Ce monument, située près du parc Monceau à l'angle de la rue de Courcelles et de la rue Rembrandt (8ème) fut construit entre 1926 et 1928 avec la collaboration d'un architecte français, Fernand Bloch. La Pagode, cinéma d'art et d'essai rue de Babylone dans le 7ème, fut construite par l'architecte Alexandre Marcel en 1895.

La Pagode, cinéma (7ème) : dragon en bronze, dragons en bois sculpté ;
fronton et détail décoration murale de la pagode rue de Courcelles

Si tout monument d'inspiration asiatique comporte son lot de dragons, l’art religieux en est également très friand, que ce soit sous forme de gargouilles ou de chimères…on en voit sur presque toutes les églises de Paris. Ci-dessous est réprésenté l’un des saints sauroctones (pourfendeurs de dragons : St-Michel ou St-Georges sont ls plus connus) transperçant la gueule de l’animal. Ce sont deux symboliques opposées qui soulignent l'ambivalence de la créature : tantôt vénérée, tantôt incarnation du mal qu'il faut terrasser...ou figure effrayante censée décourager le petit malin au pas de la porte, telle une personnification de la vigilance. Sainte-Marguerite d'Antioche, une vierge martyre du IVème siècle, était très révérée dans le quartier de l'actuelle rue du Dragon, dont le nom fut donné à une cour du même nom aujourd'hui disparue. La légende dit que Marguerite fut avalée par un monstre et qu'elle en transperça miraculeusement le ventre pour en sortir. C'est pourquoi on la représente généralement "hissant du dragon", comme ci-dessus.

Fontaine du square Notre-Dame détail de la porte principale

Picard Surgelés, ou le feu qui couve sous la glace ;-) il faut pivoter de 90° dans le sens des aiguilles
d'une montre pour mieux apercevoir le dragon en ferronnerie

Automate du quartier de l'Horloge (3ème) : "Le défenseur du temps", par Jacques Monestier (1979)
Bas-relief "Saint Georges terrasant le dragon", par l'artiste catalan Apel. es Fenosa (1977) : rue Sainte-Croix
de la Bretonnerie dans le marais, juste au-dessus de l'entrée du Centre d'Etudes Catalanes;
encore un symbole de "vigie-lance"

Disparus...

Celui-ci, rue du dragon, a hélas été effacé mais il vaut le coup d’œil : une oeuvre de
Jérôme Mesnager ...et un autre du même, mais où ? Je n'ai pas eu la chance d'assister à l'exposition "Dragons, entre science et fiction" qui s'est terminée fin novembre 2006. A cette occasion, la station de M° Saint-Michel avait fait l'objet d'installations artistiques, et la Gare de Lyon avait accueilli un autre dragon, suspendu, de éco-emballages. Ci-dessous également une ancienne gravure montrant la Cour du Dragon détruite aujourd'hui. Seule l'oeuvre de Paul-Ambroise Slodtz (vers 1730, voir plus haut) subsiste.



Et pour finir, un petit tour dans le 13ème arrondissement, quartier asiatique de Paris par excellence, le jour du défilé du Nouvel An le 25/02/2007.

Une enseigne avenue de Choisy, et le MacDo avenue d'Ivry

Dragons brodés, dragon argenté avenue de Choisy

Peinture sur le mur de Notre-Dame de Chine

Mais pour vous régaler les mirettes, je vous suggère de visiter les photoblogs de David le Savoisien, ou ceux de Francis (Paris-émoi), Henri (Only Photos) et Tatiana (Tat a l'oeil), croisés au défilé...


A SUIVRE...