Le Télérime définitionnel
Pour revenir à mes passe-temps oulipiens, j’ai composé un poème dont la contrainte est la suivante : les vers riment 2 à 2, vers dont les pieds sont constitués de termes qui en cachent un seul autre, lequel s’efforçant de coller à la signification du vers même ou des vers suivants. Ce « mot de la fin » est une
définition, en quelque sorte, concrètement ou métaphoriquement au sens interne, du poème.
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ALLAITEMENT
Un têtard à sa mère, crâne nu :
un vent tifDe ses gargouillis intestinaux se
déclare, hâtif :« Poitrine pouilleuse ! Ôte de tes
seins tes tiques ! »
La mère, siliconée, arbore un
profil lactique...Ce faisant elle cherche à faire sans
délai taireLes cris de son petit, patiente
et fait « mère ».
Elle attire son enfant sur ses seins
et vainementCar de ses ongles il perce leur chair
et les fend.Autrefois fœtus, la vivante
cellule oseUne main assassine qui agit en
dix posesLa molle poitrine devenant en
un sens, cibleDe ces jeux pervers : elle a
un, dix, six bleus !
Maman elasto-mère pleure mais bébé,
gêné râle :
« Ô mer à fossés, cache tes
habits sales ! »
Le père, sévère, arbore un
hâle pas gai :
Prenant le biberon, s’échauffe, simule
l’arrêt, niais :
L’enfant le regarde, ses yeux mi-
clos aqueuxAffectant le sourire du petit
mâle heureuxCar dans ce biberon blanc il
voit l’acte etTout moyen, même plastique, qui le
nourrit, siedA sa terrible soif infinie de
masse à créerLe sein remodelé qui lui reste en
famille lié.
Et voici l'insub-mère-cible :