jeudi 25 septembre 2008

SARKO SCENARIO

l'année dernière rue Ordener

Les premiers restes d'un Sarcosuchus Imperator, ancêtre d'un crocodile géant, ont été découverts en 1964 enfouis dans la bourbe. En mai 2007, Nicolas Sarkozy est élu à la tête de notre pays. Bizarre, bizarre...Le site où ces ossements ont été retrouvés s'appelle Gadoufaoua et "sarkoz" signifie boue en hongrois : notre Président ne s'autoproclame-t-il justement pas homme de terrain ? D'ailleurs, ce "tsar caustique" possède bien des traits de l'empereur reptilien aux dents longues, et cette étrange similitude de noms (sarco préhistorique = sarko très hystérique) n'a pas trompé les observateurs avertis.


un nain politique - un impoli tique - un impôt lithique ?

Certains clament depuis longtemps que l'individu est nuisible et menace les droits de leurs concitoyens. C'est que le croco a moult fois mordu ses détracteurs de sa hargne. De là, s'est propagé dans toute la nation ce qui pourrait relever du sarcome du "tsar cosy"*, un virus à l'origine de lésions notamment des tissus mous. Admettons que le tissu mou, ce soit les Français. Tantôt frappés de léthargie, tantôt manipulés de toutes parts, ces derniers expriment vaguement leur mécontentement via des sondages en dents de scie, des groupuscules sonnent l'alerte, mais c'est la crise, le pouvoir d'achat et les salaires sont au plus bas tandis que l'inflation ne cesse de grimper. La bestiole gesticulante pérore à l'Elysée, mais il faut bien manger, trouver du boulot, lutter tous les jours pour consommer ce qu'on ne peut acheter...parce que tout est taxé par l'état. C'est la spirale idéale pour notre croco-sarco imperator.

Portrait d'un néobonapartiste ? - rue Denoyer (Tat)

Petit à petit, le peuple se fait grignoter, allant tout droit à la galère et à la mort sociale, intellectuelle et physique. C'est que le sarcosuccube, avec sa peau lisse et dure, a sournoisement édifié cette société de tombeaux existentiels. Sarcophage ça veut dire étymologiquement "mangeur de chair". La moitié des Français sont conscients de se faire bouffer menu mais pour combien de temps ? En attendant, ce président accumule les bourdes depuis longtemps déjà et s'enivre chaque jour un peu plus de son propre pouvoir. Il a prétendu vouloir karchériser la racaille et a créé des émeutes dans les quartiers sensibles, instrumentalise et s'accapare les médias en véritable "peopolitique", prône l'eugénisme, fait des cadeaux fiscaux aux riches, soutient la guerre en Irak, s'octroie une hausse de salaire totalement inconvenante en ces temps de restriction budgétaire, insulte ses opposants, se paie une cuite au G8, traite avec Kadhafi, - dictateur notoire - emploie une rhétorique fascisante pour séduire les lepénistes, etc...Quand cela va-t-il s'arrêter ? Quand va-t-il enfin commettre la boulette ultime qui lui vaudra sa destitution ?


Et puis, tout n'est pas qu'un problème de fric...L'air pourrait bientôt manquer, une nouvelle maladie pourrait frapper, causée par la pollution : une affection qui toucherait de plein fouet les organes vitaux, la sarcoïdose...et croyez-moi celle-ci je ne l'ai pas inventée (voir mon billet "Les maladimaginaires"). Nous continuerions ainsi de patauger dans le champ lexical boueux de la dé-constitution porté par cette même "racine" présidentielle...et il ne faudrait surtout pas permettre que l'imperator prenne un peu trop racine dans une démocratie qu'il menace fortement : qu'adviendra-t-il si notre République prend une sarco-dose de trop?
Ne laissons pas ensevelir nos esprits et nos corps dans un magma répressif ennemi de la pensée libre; restons debout pour ne pas finir de boue dans le carnage de ce moi hypertrophié. Car, obnubilé par lui-même, cet homme ne pense certainement pas au peuple, il veut seulement être adulé. Epouser une Carla c'est gagner des galons de virilité dans cette quête inlassable du "je". Rimbaud a dit "je est un autre". Il est à espérer que ce "je"-là cesse pour que l'"autre" trouve un peu sa place dans cette politique grotesque. Il ne s'agit pas là d'une alarme de crocodile : l'avenir de ce monde me paraît déjà plus qu'incertain...


SPECIAL THANKS TO TAT & FRANCIS : pour leurs photos de pochoirs (seules les deux premières sont de moi) où l'on voit que la rue s'exprime.
Qui a dit : "A mur sans parole, peuple muet ?"

P.S. Un site en pause, mais dont j'apprécie la bannière : Sarcosuchus-imperator, qui titre : "Le plus grand prédateur de tous les temps, le plus petit président de tout l'étang". Bon d'accord, c'est pas bien de se moquer du physique...mais il y a des exceptions ! (*en réalité Kaposi)

jeudi 18 septembre 2008

VELIB MODE D'EMPLOI


Depuis le 15 juillet 2007, les Parisiens ont la chance de voir leurs cuisses et mollets doubler de volume sans quasiment bourse délier. Mais soyons clairs, faire du biclou à Paris relève du défi. Démontés, vandalisés, pénibles à réparer, ils finissent par revenir cher. Le Velib, lui, bien qu'il s'attache de borne en borne, a ceci de particulier qu’on ne s’y attache pas. Cela dit, ne nous leurrons pas…cette bécane-là est aussi souvent volée que vélo, même si Decaux et la Mairie de Paris, qui l’ont mis en place, luttent inlassablement contre les pourfendeurs de chambres à air et autres pétés du guidon. Un Velib ça pèse 22 kilos, ça crève, ça patine, ça déraille, ça se voile et ça se rafle mais on en redemande. Soit. Voici quelques conseils de base pour utiliser "son" Velib.

LONELY VELIB...rue Boyer (20°)

Arrivé à une station, on vérifie l’état général du velociraptor avant de l’enfourcher. Depuis quelque temps déjà on observe une sorte de tendance chez les vélibistes avertis : une selle retournée signifie que le vélo n'est pas valide. Malgré les apparences, avec deux pneus qui ont l'air gonflés vous pourriez croire que vous ne manquez pas d’air mais il n’en est rien. A plat, vous ne ferez même pas du 2 à l’heure. Evitez les vélos déchaînés, vous aurez beaucoup de mal à les maîtriser. Crevés, surtout après une nuit de beuverie passée dans le caniveau, ils sont très contagieux et vous risquez de vous fatiguer aussi. Les désaxés sont instables : à fuir comme la peste, bien entendu. Une selle mal fixée ou une roue voilée vous donnera l’impression de danser la gigue, et si vous êtes une femme en jupe courte on peut plus facilement apercevoir votre…valve. Cela peut avoir son intérêt si vous voulez attirer les regards mais, en bonne sexycliste, vous constaterez que ce ne sont jamais les sujets que vous matez qui viendront vous aider si vous avez coincé votre string dans les rayons. N’est pas petite reine qui veut…

Il n’y a pas, à mes yeux, de phénomène plus fascinant que la force motrice. Enfant, je ne pouvais concevoir que mon corps pouvait s’élever à quelques centimètres du sol et avancer sur un engin en ferraille antédiluvien sans se fracasser contre le bitume. Je croyais qu’il y avait un dieu qui s’appelait « Garde-Debout » qui assurait mon petit aplomb. Mais non. Pas besoin d’être une lumière, car qui n’a dynamo consent ! Aussi longtemps que le pédalier est bien huilé, ça roule. C’est juste qu’à l’arrêt, il vaut mieux mettre un pied à terre bien calé pour ne pas tomber au démarrage. Une fois le pied d’impulsion posé sur la pédale, vous appuyez bien fort, puis une fois l’autre pédale arrivée au niveau supérieur, vous posez l’autre pied, appuyez et ainsi de suite. On conviendra que ces moulinets pédestres sont un peu ridicules, mais ils permettent de maintenir la bicyclette en équilibre.

    UN PETIT VELO DANS LA TETE - rue Réaumur 2° (sans trucage ! )

    D’un point de vue moteur, pour avancer, bien veiller à mettre un pied différent sur chaque pédale, la montée en amazone étant parfaitement interdite depuis qu’un unijambiste a tenté de traverser un carrefour perché sur un Vélib dont les freins avaient lâché. Ah ! si seulement il avait utilisé sa béquille…il n’aurait sûrement pas perdu la jambe qui lui restait. Mais j’arrête de tenir la vôtre sur cet incident et reviens donc à mes guidons. Le plus difficile n’est pas de pédaler mais de gérer la circulation, les piétons, les bus, et les automobilistes dont les taxis. En somme, tout est une question de vélo-cité. Car si les uns vous font suer, les autres peuvent vous tuer.

    Les piétons prennent un malin plaisir à traverser lorsque vous êtes en pleine montée, vous contraignant à vous arrêter. Ils marchent sur les pistes cyclables ou traversent au feu fert d’une allure pachydermique, tout en vous fixant d’un oeil torve lorsque vous leur indiquez à coups se sonnette frénétiques de décarrer du pavé. Il vous arrivera donc de vouloir leur foncer littéralement dans le lard, ce qui agrémenterait bien la choucroute dans laquelle, paraît-il, il arrive parfois au commun des mortels de pédaler. Résistez. Ca fait partie du jeu. Au mieux ils s’écartent d’un déhanchement de dernière minute, au pire vous les laissez passer. Un regard noir ne suffit pas à les désarçonner puisqu’ils s’en foutent, mais certains ont un petit sourire contrit ponctué d’un « oupsssss !!! » qui peut passer pour tolérable. Il n’en va pas de même pour les bus et les autos. Non contents de vous pourrir les bronches lorsque vous êtes derrière eux, ces derniers vous doublent n’importe comment et serrent parfois tellement le trottoir qu’ils vous empêchent de passer. Certes il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier à bagages, mais sachez que la courtoisie ne fait pas partie de leur ligne de conduite. En conclusion, plus on se tient à l’écart de ces fléaux mortels, plus on vit longtemps.

INTERDIT SAUF VELOS - rue de Ménilmontant - fresque de Némo

EDIT DU 19 : Aujourd'hui mon frère Mathieu fête ses 30 ans !!! Il habite à Bordeaux, je ne le vois que rarement hélas, mais puissent ces mots lui parvenir ! BON ANNIV petit frère:)

mardi 9 septembre 2008

APHORISMES ET PERILS !

C'était le 23 juillet 2007...Paris-Emoi nous livrait ses "miscellanées". A mon tour je vous propose des "mimages", images de moi, images de mots...(cliquez pour voir en plus grand !).


rue Ordener

Etretat

dans les Ardennes

Etretat

Paris-plage 2008


  • Le papier découpé est un art chinois, le jiezhi. Ce superbe exemple d'affiche découpée a été réalisé rue Saint Maur dans le 11ème. L'original ci-dessous : portrait de Frédéric Michalak pour la marque Kaporal.


  • Il se pourrait bien que le "Cutter Masqué" ait réalisé celui du passage Brady ci-dessous, mais rien n'est moins sûr. En tout cas, moi, j'adore.

mercredi 3 septembre 2008

La la li la la lère...

Alphonse Allais, dont j'ai déjà parlé ici, est ce que les oulipiens appellent un "plagiaire par anticipation". Pourquoi ? Parce qu'il sévissait déjà à la Belle Epoque, à coups de calembours sévères, d'humour absurde et d'auto-dérision.

Tout ce que les oulipiens affectionnent, en somme...il publiait ses textes savoureux dans de nombreux périodiques tels Le Sourire, Le Chat Noir, L'Hydropathe ou Le Tintamarre...Coïncidence étrange, Alphonse Allais est né à Honfleur le 20 octobre 1854...c'est-à-dire le même jour qu'Arthur Rimbaud. Il eut plus de chance que ce dernier, décédé des suites d'une gangrène en 1891...J'ose dire qu'Alphonse Allais bien jusqu'en 1905, date à laquelle il fut emporté par une embolie. Il nous reste de l'homme de nombreux témoignages de son esprit brillant, de sa bonne humeur constante et du peu de cas qu'il faisait des conventions. Voici un court texte écrit par Alphonse :

Sans la moindre mitaine,
Il lit l’œuvre de Taine.

Son thon de l’aquarium
S’évade et file à Riom.

A son excellent père
Il parle avec colère.

Surveille mieux, fiston,
Ton thon, ton Taine et ton ton.

Je lui réponds d'un "ton" de semblable façon :

La bête est aux abois
Le grand cerf est à terre !

Parce qu'un dieu l’a oui raire,
Le Coran l’a fait roi.

Chante donc, trouvère
Sa vie et son trépas

L’hallali, l’Allah, l’air,
L’hallali, l’Allah là.

Les cerfs à Paris ça ne court pas les rues mais les biches, si !
Celle-ci continue de s'échapper rue Sainte Marthe. Artiste : Mr. Chevreuil.
Déjà répérée par La fille du consul.

Drôle de sticker à Namur (Belgique) où apparemment les gens se...cerf la main :)

vendredi 22 août 2008

Un sonnet, une particularité. Laquelle ? Indice : LA PART « T »

Des lunes j'en ai vu mille mais une seule m'a nui :
Celle où le soleil brusquement n'a plus été lui.
Lui mes dents, ma dot, ma hart et mon huile,
Ile nue glissant partout des mots moites sur ma peau.

La petite mort a semé la chienlit sous mes os,
Quelle part de tourments a dévoré mes nuits !
La forêt de mes yeux cachant bien des douleurs
Cavalière sans perspective, je n’étais qu’une jument…

*

*
M’eût-t-il aimée, de ses vœux j’aurais été l’agent
Risque-tout j’aurais pu surmonter toutes les peurs.
Je dépose chaque année des corbeilles-d’argent,

Où la plupart des âmes fleurissent leur monument :
Sur une stèle je pleure quand la Toussaint se fête,
Cette enfant dont il ne verra jamais la tête.

pic : Le Père-Lachaise, 2008.

EDIT du 4 septembre : Bon alors merci pour vos compliments sur la photo mais quand même, il fallait également voir que le texte contient un certain nombre de noms féminins se terminant par "t", ce qui n'est pas si courant que ça en français. Afin de me rapprocher le plus possible de l'exhaustivité, voici les autres, que je n'ai pas pu caser : une basket ; la jet-set ; la Glasnost ; la francfort ; la gent ; une quote-part ; la guyot (poire) ; une durit ; une assurance-crédit ; la mi-août ; la mi-juillet ; une queue-de-rat ; une saisie-arrêt ; la plupart ; une surdent ; la malemort, l’instit, une lêve-tôt/couche-tôt. Il y en a peut-être d'autres...

jeudi 14 août 2008

QUAND LES LIBRAIRES RIENT

Pour déchiffrer ce texte, il faut lire seulement les noms sur les enseignes. Mise à part la "teinturerie littéraire" qui mérite bien sa place ici je trouve, il s'agit d'une belle collection de noms de librairies parisiennes. (Edit : je n'oublie pas Paris-Emoi, qui a été d'une compagnie précieuse pour dénicher certaines de ces enseignes dans le Marais !)


un pavé d'histoire dans la rue susnommée :
elle répétait


numéro 13, toujours le même,


mais en

Son chant muet avait la légèreté des

comme si chaque mot ne pesait qu'une

racontaient

et le soir avec son


Mona ne faisait rien

mais tout

Dans son vieux lit de bois rongé par le

lui murmurait

Et, rêvant sous

qui lui faisait office de baldaquin, elle attendait le

un bonheur qui se livrait du plus loin des



Pour la petite histoire, l'enseigne Tome Dom pourrait parfaitement se lire DOM TOM si l'on considère de manière analogue que Saint-Dominique (Saint-Domingue) est la principale colonie française de 1627 au 1er janvier 1804, date à laquelle elle devient indépendante sous le nom d'Haïti. Haïti serait en quelque sorte un ancien DOM TOM français. Rappelons à cette occasion qu'Alexandre Dumas est originaire de l'île.

mardi 5 août 2008

ECHOLALIES MYSTIQUES

rimes à répéter, pétées, pétées
pour que l'on s'amuse, ah muse, ah muse !



Il y avait un passage, pas sage, pas sage
Tout au long de la mer, l’amer, l’amer
A l’envi s’enfilaient, sans filet, sans filet,

Ici tous mes manteaux, mémento, mémento.
Avec le sel de mes sens, essence, essence
Sur des galets je laissais, l’essai, l’essai

Toute une vie d’écrits, des cris, des cris
Dont je faisais des tours, détours, détours.
Je cherchais dans le sable, passable, passable

La conquête, qu’on quête, qu’on quête, conque êtes ?
Un coquillage à vide, avide, avide
D’entendre mon cantique qu’en tic qu’en tic

Je scandais constamment, amant, amant
Sans savoir où aller, hâlée, hâlée
Je me dorais la plaie, l’appelait, l’appelait….

Où avait disparu, par rues, par rues
L’homme que j’aimais ? J’émets, j’émets
Des tas de postulats, tue-la, tue-la !

Sur sa fuite en avant, à vents, à vents.
Je suis bien esseulée, est-ce laid, est-ce laid ?
Avec ce qui m’arrive, à rive, à rive


Je ne suis pas des fêtes, défaite, défaite :
Je sais bien qu'une femme, infâme, infâme
Un jour me l’a ravi, à vie, à vie !

Sur une idée de Charles Cros (1842-1888), tirée du Hareng Saur. Pochoir de Miss.Tic.

lundi 28 juillet 2008



Les anamorphoses sont des images étirées qui ne peuvent être décryptées que sous un certain angle. Cette illusion d'optique existe depuis très longtemps. Vous connaissez sans doute ce tableau de Hans Holbein le Jeune, Les Ambassadeurs, qui comporte une tête de mort en son centre sous cette forme. Il pourrait s'agir de la signature du peintre car "hol been" ("hollow bone" en anglais) signifie "os creux", autrement dit le crâne en néerlandais. C'est grâce à Delphine que j'ai eu connaissance de ces anamorphoses sur les barreaux d'un square parisien, qui le tenait elle-même de Zoechiffon. Je suis donc allée voir sur place avant qu'elles ne disparaissent. J'ai pu en photographier deux, malheureusement deux autres ont été décollées. Par contre, impossible de connaître le nom de l'artiste...

Pourquoi je vous parle d'anamorphoses ? Parce que c'est une image qui peut en cacher une autre. Moi, je vous propose un texte qui en cache un autre, dans lequel se
sont glissés pas moins de 35 noms de genres musicaux. Certains mots anglais sont à prononcer à la française, bien entendu. Défi : saurez-vous les identifier ? (NB = je suis dans ma période spéciale "jeux d'été" - par contre désolée y a rien à gagner à part mon estime ;-))

Top c'est parti ! >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

La cuisine, avec son sol carrelé, ses coups fourrés, ses tours, ses casseroles, sa dame aux fourneaux, c’est un peu comme les échecs. Dans sa cuisine, la reine bisque ! Ah...préparer un plateau de fruits de mer-spaghetti un dimanche en famille avec tes quenots ! Un vrai régal. D’abord ça te met en transe parce la ménagerie passe son temps à gambader dans tes pattes alors que tu te bats avec tes bigorneaux. Tu t’en mets plein ta blouse signée Paule Ka, tu cries aux trois clebs qu’ils te soulent et leur ordonne d’aller faire un tour dans le jardin pour croquer quelque beau lérot dédaigné par le chat, mais rien à faire ! Ils te raillent, les douze mômes jasent et toi tu essaies de te refaire une raie gaie. Tu balances des steaks toniques dans une gamelle, histoire d'avoir quelques minutes de répit.

Dans tes rêves, tu les assassines à coup de hachoir...quel trip oppressant ! Et pendant que tes grands gosses pèlent les tomates les plus jeunes gueulent, impossible de s’entendre dans ce ramdam ! Alors tu râpes tes carottes, tu fais le pion en marmonnant sans bas scrupules des recommandations acides, qui leur traversent l’âme comme un courant d’air passerait dans une motte de beurre. Tu dévies mais t’as le moral. « Regarde comment tu sales ça ! Faut l’couper en dés d’abord ! », dis-tu à l’aîné, mais il te nargue, se dresse sur ses ergots, tique, pique et t’astique…Lasse, tu te dis que le marmot paiera, tu bois un grand verre de rhum basses calories - comme si ça existait ! - cul sec et tu comptes jusqu’à soixante-dix pour te calmer. Mais déjà à dix comment faire ? Ta tête tangue, oh ! il est temps d’appeler le pope à la rescousse. Le pope, c’est le père, c’est celui qui, plutôt que de venir t’aider à la cuisine et gérer la marmaille préfère ses combinaisons et ses roques . Le « pape » des échecs est d’ailleurs probablement en train de briquer les pièces de son précieux jeu en ivoire avant de le glisser avec précaution dans l’étui à housse cousu par sa mère. Classique…Ca n’empêche que tu trouves son comportement bien cavalier, même si pour le coup quand tu le rappelles à l’ordre il daigne faire office de bachi-bouzouk façon militaire, hurlant sur les troupes...mais la prochaine fois, tant pis, ils se débrouillera. Infoutu de faire marcher le four ou les plaques alors que c’est si fado, il bouffera son lapin cru et si ça lui plaît pas, il ira se faire voir en Alaska !

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>> alors ?

square Raoul Nordling (11ème)

mardi 22 juillet 2008

3 ANS, NOCES DE FROMENT !


C'était le 22 juillet...2005 ! 3 ans, 145 billets, et quelques fidèles qui m'ont suivie depuis mes débuts ! Puis d'autres se sont greffés, sont passés, m'ont inspirée et encouragée...A ceux-là et à tous ceux qui s'intéressent, de près ou de loin, à mon écriture tarabiscotée, ma poésie expérimentale et mes élucubrations hebdomadaires, je leur dis UN GRAND MERCI. Sans vous, sans vos commentaires, messages, discussions et votre participation, ce bloc-notes (horrible traduction à la française selon moi - je préfère de loin le mot-valise tiré de "web+log") n'aurait pas vraiment de raison d'être. Et tout ceci me conforte dans l'idée que les blogs, que je n'ai jamais considérés comme des espaces virtuels propices à l'étalage outrancier d'une vie privée dont la réalité n'intéresse personne, sont avant tout source d'échanges riches.

Le mien me donne l'occasion de faire de belles rencontres, tant physiques que virtuelles. Ces rencontres m'enchantent chaque jour et me tiennent en haleine. Qu'elle soit photographique, artistique, culinaire, graphique, littéraire, etc., je suis toujours émerveillée de la créativité dont les blogueurs sont capables ! Alors continuez, comme je continuerai moi-même, à vous creuser la cervelle pour vous renouveler constamment dans votre art ! C'est cela, je pense, qui nous fait avancer. Plus qu'un travail sur soi, le blog est un travail avec les autres. A l'occasion de ce triple anniblog de babillages, voici donc 3 haikublogs bien tordus dont vous reconnaîtrez sans peine l'astuce !

Trois ans, ce sont les noces de froment : anagramme de "mon fret". Et mon fret, ma foi c'est le transport des mots chaque jour déposés ici pour la postérité ! Le max jusqu'aux noces d'eau c'est 100 ans, alors c'est pas gagné...écrirai-je encore jusqu'à 129 ans ?^^Pour l'heure, si les noces de papier (37 ans) signifient une p'tite publication d'éléments de mon "blook", je veux bien tenir ce site jusqu'à 66 ans, voire plus !

Cette rue existe à Paris;-) je n'ai eu qu'à changer une lettre !


Hublots grands ouverts
Baobabs logarithmiques
Où trop de bogues logent
*
Langues oblongues et bleues
Diatribe logorrhéique
Quel tableau graveleux !
*
Des bibelots gracieux
Nimbent l’eau glacée de tes yeux
Que gobe l’ogre

mercredi 16 juillet 2008

Mon mirador est une tour d'y voir
les tours parisiennes - photos et textes by chrixcel (c)
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plaque indiquant l'emplacement quai Conti
*

La Tour de Nesle s’est éteinte, sur son amas de corps semblant
Oubliée, en son temps le théâtre d'un décor sanglant
*
prise début mai 2008
*
La Tour Eiffel étend ses boulons
Son atour est fêlé tant elle a de bouts longs
*
le 10 juillet 2008 était le jour "officiel" de la
fin de la restauration et des échaffaudages de la Tour Saint-Jacques
*
Celle de Saint-Jacques est sortie de sa coquille nacrée
Après sept ans à composter elle révèle sa craie sacrée
*
Montparnasse vue de la Tour Eiffel - mai 08
*
La Tour Montparnasse, filiforme faisceau long de reflets striés d'étages
Par monts et par nasses, fait son lot d'heures flétries et de nuages

*
escalier à vis de la Tour Jean 1er de Bourgogne
*
Celle de Jean Sans Peur, belvédère d'escale hier féodal
S'élève en baies levées d'air, d'escaliers faits aux dalles
*
La Tour d'Argent, située quai de la "Tournelle"...sur le même trottoir dans le prolongement de l'actuel quai Conti
où se dressait la "Tour Nesle"...coïncidence ?
Tournelle est un mot ancien qui signifiait "petite tour".
*
La Tour d'Argent, hôtel de mica aux papilles hautaines
Haute elle étoile ses mille encas de papillotes et nœuds

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(RAPPEL : Nesle = l'actuel Institut de France est construit dessus, 25 mètres (1214, démolie en 1665) - Jean Sans Peur = 20 rue Etienne Marcel, 21 mètres (1409-11) - Saint-Jacques = M° Châtelet, 62 mètres (1505-25) - Argent = 15 quai de la Tournelle (1582) - Eiffel = M° Trocadéro, 325 mètres (1887-89); Montparnasse = devant la Gare, 210 mètres (1969-72).

Edit du 1er août : La Tour Montmartre, qui a semble-t-il bel et bien existé, m'avait échappée. Ce n'est qu'une semaine après avoir publié ce billet que j'ai aperçu par hasard cet obscur bas-relief, en haut d'une porte, en me promenant sur la Butte. Je comprends pourquoi je n'en n'avais jamais entendu parler : il existe très peu de documentation sur Internet. Une source non confirmée indique que son écroulement en 1895 aurait tué pas moins de 5 325 administrés ! Le bas-relief représente la Tour Montmartre telle qu'elle était en 1860, place J.B. Clément, 114 rue de l'Empereur.

mardi 8 juillet 2008

25 MALADIMAGINAIRES
mots-valise


L'un des jeux les plus poilants consiste à créer des néologismes à partir de mots existants et d'inventer leurs définitions. Des écrivains de tout poil s'y sont attelé. J'en profite d'ailleurs pour signaler l'ouvrage illustré que je viens d'acquérir : Sardinosaures et Cie, par les oulipiens Olivier Salon et Jacques Roubaud qui s'adonnent à un passe-temps que certains ici connaissent déjà s'ils ont lu mes créations cryptozoologiques ( citées sur ce site: cherchez chrixcel) Alain Créhange a publié deux ouvrages entiers de ces mots-valises et Wikipedia leur consacre un article.

Dans ce billet, je donne l'exclusivité à la thématique du mot-à-maux ! je serais tentée de dire qu'il est fort probable que vous vous reconnaissiez dans de ces maladies...mais la/lesquelle(s) ?

***

1. acnez : plaque de micro boutons apparaissant sous les narines à force de trop se moucher. Ex. Elle eut une poussée d'acnez qui ne disparut qu'à la fin de son allergie.

2. adulcère : plaie ouverte d'ordre psychosomatique et attaquant les muqueuses ou la peau. Ex. La découverte de son épouse dans le lit de son frère déclencha chez lui un adulcère foudroyant : il s'effondra.

3. apoplexiglas : attaque vasculaire totalement transparente entrainant la mort. Ex. L'apoplexiglas fut si rapide et claire que la mort n'eut même pas le temps de sonner avant d'entrer : plus rapide tumeur !

4. baba au rhume : médicament d'origine antillaise censé aseptiser les infections nasales. Ex. Je bus une gorgée de ce breuvage : mon rhume disparut si vite que j'en restai baba.

5. bronshit : infection bénigne due à la consommation massive de marijuana. Ex. La bronshit, quelle merde !

6. cataraphte : opacification de la langue se manifestant par la perte partielle ou totale du goût et des lésions entraînant la disparition des papilles. Ex. Malgré son opération de la cataraphte, il eut toutes les peines du monde à retrouver le goût de vivre.

7. darthrose : croûte squameuse entraînant goutte à goutte des désordres articulatoires ou la paralysie. Ex. On pouvait se demander si la darthrose n'avait pas eu raison de son cerveau, tant il faisait preuve d'un crétinisme aigu.

8. diabêtise : sénilisme profond provoqué par la surconsommation de sucres lents. Ex. Forcé de manger des pâtes tous les jours, son cerveau en prit bientôt la consistance, si bien qu'il dut faire une cure anti-diabêtise.

9. épilepsieste : stress hallucinatoire se manifestant par des accès de violentes convulsions suivis immédiatement de sommeil. Ex. Hystérique, la coiffeuse fit une crise d'épilepsieste impressionnante : elle tomba et s'endormit aussitôt en ronflant, nullement dérangée par les cheveux éparpillés qu'elle venait d'arracher de la tête de sa cliente.

10. escarlatine : lésion cutanée sanguinolente consécutive à des tortures administrées par les mafiosi. Ex.: Le truand avait tellement tabassé le témoin qu'il était recouvert d'escarlatines.

11. furongle : infection cutanée se formant à l'extrémité des doigts. Ex. Elle agita son furongle à l'index comme une menace.

12. glucôme : déficience oculaire provoquée par l'abus de sucres rapides, allant jusqu'à la cécité. Ex. Souffrant d'un glucôme total, il avait perdu la vue suite à une ingestion massive de sucettes.

13. johnnisse : coloration jaune de l'épiderme due à la vision de tout ce qui touche de près ou de loin à Johnny Halliday. Ex. La seule mention du nom de Halliday provoquait chez lui une johnnisse instantanée.

14. lobésité : énorme enflement purulent de l'éminence molle de l'oreille dû au port de boucles trop lourdes. Ex. A force s'obstiner à porter des enclumes aux oreilles, elle finira par souffrir de lobésité.

15. malariane : forte fièvre éprouvée par les astronautes au décollage d'une fusée. Ex. Dans un accès de malariane, il arracha la combinaison de sa collègue en plein vol.

16. ménagite : pratique fébrile d'activités de nettoyage, source de forts maux de tête. Ex. Atteinte d'une ménagite chronique, elle ne pouvait pas s'empêcher de passer le balai toute la journée.

17. migrêle : fort mal de tête donnant l'impression d'avoir la cervelle lapidée par des glaçons. Ex. Pas ce soir, chéri, j'ai la migrêle.

18. oederme : gonflement du tissu cutané. Ex. Son oederme ne risquait pas de dégonfler, vu ses problèmes de rétention d'os.

19. opustule : petite verrue apparaissant sous les doigts provoquée par la lecture d'ouvrages de petite taille. Ex. Je ne peux absolument pas lire de formats poches car la plupart du temps j'attrape des opustules !

20. ostéopeureuse : se dit d'une femme ayant une peur viscérale de perdre les os. Ex. Sa quintuple fracture du tibia l'avait rendue encore plus ostéopeureuse.

21. phasthme : trouble respiratoire chez les fumeurs causé par un insecte de forme tubulaire. Ex. Sa crise de phasthme s'envola comme par enchantement.

22. scorbuste : manque de vitamine C à l'origine d'un ramollissement pectoral ponctuel. Ex. Atteint d'un scorbuste passager, le jeune marié fit tomber son épouse sur le pas de la chambre nuptiale, ce qui compromit sérieusement la nuit de noces...

23. tétanoos : bacille de l'esprit. Ex. Il avait attrapé le tétanoos en lisant Nietzsche.

24. tubertulose : maladie des poumons touchant les individus sujets aux excès d'audace. Ex. : Il bomba tellement le torse qu'il éclata comme la grenouille de la Fontaine, victime d'une quinte de tubertulose.

25. vacancer : mal de plus en plus répandu touchant les chômeurs de longue durée pouvant être mortel. Ex. A cinquante-trois ans, ne trouvant plus de travail et forcé par là-même à l'inactivité depuis deux ans, il mourut d'un vacancer généralisé.

***

NB : L'herpeste n'est pas une infection des muqueuses due à une fièvre quelconque mais une mangouste ! Et la rhinosclérose n'est pas une paralysie spécifique aux pachydermes mais une atrophie de la muqueuse nasale. Vaut mieux vérifier, on sait jamais...

mardi 1 juillet 2008

POUR UN MÉNAGE SANS NUAGES

vue de l'ex-appartement de Ludo dans le 17ème
Edith : et pour la petite histoire, voisin de Francis de Paris-Emoi !!!

Ca y est, depuis le 21 juin, solstice de l'été, fête de la musique, je suis de nouveau officiellement en ménage après 1 an de bonheur. A dos à deux avec mon Ludo dans mon domicile. Mais qu'est-ce que le ménage, et où donc mène cet âge ? les dicos de synonymes donnent notamment pour ce mot : couple et nettoyage. Tout un programme pour essuyer les plâtres d'un toi(t) commun ! Et si la mécanique du couple n'était en fait qu'une sorte de lavage de cerveau pour tenter de s'adapter à la névrose de l'autre ? Une alchimie domestique qui fonctionnerait plus ou moins bien ?

Ai-je bien toutes les qualités requises pour être femme de ménage ? Eternelle question ! La réponse est oui, s'il m'a à la bonne ! Mais ça s'arrête là...Je l'avoue, n'étant pas la fée du logis supposée sommeiller en chaque femme, il m'arrive souvent de littéralement mordre la poussière. Et s'il est tant vrai que je ne suis pas une fana de l'éponge, je la passe volontiers quand il s'agit de me réconcilier avec ma moitié;-) 32 balais, c'est au moins ce qu'il faut pour chasser moult moutons et acariens à la pelle sous peine de prendre des râteaux...je m'y emploie certes difficilement mais à mon rythme. Car c'est peut-être ça, finalement, la clé d'un bon ménage : avoir la liberté de faire ce qu'on veut sans trop se dire : "la vaisselle ? pfff, je la ferai demain, je m'en lave les mains !", et sans passer un savon pour un coup de serpillère pas passé;-) Et si le torchon brûle ? eh bien, laissons-le se consumer !

Je suis convaincue que, malgré les différences certaines entre deux êtres qui vivent ensemble, les torchons et les serviettes peuvent justement faire bon ménage sans trop d'anicroches. Il suffit simplement de savoir balayer devant sa porte de temps à autres et de se tenir à carreau, même si on est lessivé ou rincé. Ça s'appelle la paix des méninges. L'esprit serein et le plumeau à la main, tel est à mon avis l'adage du couple moderne idéal : dépoussiérer ses habitudes pour chasser d'un coup de chiffon la routine du quotidien !

PS : Mais d'autres ne l'entendent pas de cette oreille : Rage against the macho !

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Et comme qui ne tente rien n'a rien, j'ai publié ce texte légèrement modifié sur le site du Courrier du Coeur de Métro ! J'ai peu d'espoir qu'il soit publié car beaucoup trop long mais bon, je trouve ça plutôt amusant:)

***cause transfert de ligne, je ne pourrai pas me connecter à Internet chez moi, je risque donc d'être moins présente sur vos blogs, mais je me rattrapperai !