VELIB MODE D'EMPLOI
Depuis le 15 juillet 2007, les Parisiens ont la chance de voir leurs cuisses et mollets doubler de volume sans quasiment bourse délier. Mais soyons clairs, faire du biclou à Paris relève du défi. Démontés, vandalisés, pénibles à réparer, ils finissent par revenir cher. Le Velib, lui, bien qu'il s'attache de borne en borne, a ceci de particulier qu’on ne s’y attache pas. Cela dit, ne nous leurrons pas…cette bécane-là est aussi souvent volée que vélo, même si Decaux et la Mairie de Paris, qui l’ont mis en place, luttent inlassablement contre les pourfendeurs de chambres à air et autres pétés du guidon. Un Velib ça pèse 22 kilos, ça crève, ça patine, ça déraille, ça se voile et ça se rafle mais on en redemande. Soit. Voici quelques conseils de base pour utiliser "son" Velib.

LONELY VELIB...rue Boyer (20°)
Arrivé à une station, on vérifie l’état général du velociraptor avant de l’enfourcher. Depuis quelque temps déjà on observe une sorte de tendance chez les vélibistes avertis : une selle retournée signifie que le vélo n'est pas valide. Malgré les apparences, avec deux pneus qui ont l'air gonflés vous pourriez croire que vous ne manquez pas d’air mais il n’en est rien. A plat, vous ne ferez même pas du 2 à l’heure. Evitez les vélos déchaînés, vous aurez beaucoup de mal à les maîtriser. Crevés, surtout après une nuit de beuverie passée dans le caniveau, ils sont très contagieux et vous risquez de vous fatiguer aussi. Les désaxés sont instables : à fuir comme la peste, bien entendu. Une selle mal fixée ou une roue voilée vous donnera l’impression de danser la gigue, et si vous êtes une femme en jupe courte on peut plus facilement apercevoir votre…valve. Cela peut avoir son intérêt si vous voulez attirer les regards mais, en bonne sexycliste, vous constaterez que ce ne sont jamais les sujets que vous matez qui viendront vous aider si vous avez coincé votre string dans les rayons. N’est pas petite reine qui veut…
Il n’y a pas, à mes yeux, de phénomène plus fascinant que la force motrice. Enfant, je ne pouvais concevoir que mon corps pouvait s’élever à quelques centimètres du sol et avancer sur un engin en ferraille antédiluvien sans se fracasser contre le bitume. Je croyais qu’il y avait un dieu qui s’appelait « Garde-Debout » qui assurait mon petit aplomb. Mais non. Pas besoin d’être une lumière, car qui n’a dynamo consent ! Aussi longtemps que le pédalier est bien huilé, ça roule. C’est juste qu’à l’arrêt, il vaut mieux mettre un pied à terre bien calé pour ne pas tomber au démarrage. Une fois le pied d’impulsion posé sur la pédale, vous appuyez bien fort, puis une fois l’autre pédale arrivée au niveau supérieur, vous posez l’autre pied, appuyez et ainsi de suite. On conviendra que ces moulinets pédestres sont un peu ridicules, mais ils permettent de maintenir la bicyclette en équilibre.

UN PETIT VELO DANS LA TETE - rue Réaumur 2° (sans trucage ! )
D’un point de vue moteur, pour avancer, bien veiller à mettre un pied différent sur chaque pédale, la montée en amazone étant parfaitement interdite depuis qu’un unijambiste a tenté de traverser un carrefour perché sur un Vélib dont les freins avaient lâché. Ah ! si seulement il avait utilisé sa béquille…il n’aurait sûrement pas perdu la jambe qui lui restait. Mais j’arrête de tenir la vôtre sur cet incident et reviens donc à mes guidons. Le plus difficile n’est pas de pédaler mais de gérer la circulation, les piétons, les bus, et les automobilistes dont les taxis. En somme, tout est une question de vélo-cité. Car si les uns vous font suer, les autres peuvent vous tuer.
Les piétons prennent un malin plaisir à traverser lorsque vous êtes en pleine montée, vous contraignant à vous arrêter. Ils marchent sur les pistes cyclables ou traversent au feu fert d’une allure pachydermique, tout en vous fixant d’un oeil torve lorsque vous leur indiquez à coups se sonnette frénétiques de décarrer du pavé. Il vous arrivera donc de vouloir leur foncer littéralement dans le lard, ce qui agrémenterait bien la choucroute dans laquelle, paraît-il, il arrive parfois au commun des mortels de pédaler. Résistez. Ca fait partie du jeu. Au mieux ils s’écartent d’un déhanchement de dernière minute, au pire vous les laissez passer. Un regard noir ne suffit pas à les désarçonner puisqu’ils s’en foutent, mais certains ont un petit sourire contrit ponctué d’un « oupsssss !!! » qui peut passer pour tolérable. Il n’en va pas de même pour les bus et les autos. Non contents de vous pourrir les bronches lorsque vous êtes derrière eux, ces derniers vous doublent n’importe comment et serrent parfois tellement le trottoir qu’ils vous empêchent de passer. Certes il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier à bagages, mais sachez que la courtoisie ne fait pas partie de leur ligne de conduite. En conclusion, plus on se tient à l’écart de ces fléaux mortels, plus on vit longtemps.

INTERDIT SAUF VELOS - rue de Ménilmontant - fresque de Némo
EDIT DU 19 : Aujourd'hui mon frère Mathieu fête ses 30 ans !!! Il habite à Bordeaux, je ne le vois que rarement hélas, mais puissent ces mots lui parvenir ! BON ANNIV petit frère:)